Expo photo: « Soie » de Barbara Iweins

Des femmes nues au Parlement ! Couvrez ce sein, que je ne saurais voir 🙂

Le 22 novembre dernier, nous avons accueilli dans notre bel Espace Jardin la superbe exposition de Barbara Iweins. Fascinée par la fragilité et l’innocence des êtres humains, Barbara Iweins mène une quête perpétuelle à travers ses séries photographiques: celle de la beauté dans l’imperfection. Dans son dernier travail « Soie », Barbara Iweins tente d’appréhender à travers des clichés doux et subtils, le thème de la pudeur dans notre société actuelle.

Je vous propose de découvrir le superbe travail de Barbara, ça en vaut largement le détour ! www.barbaraiweins.com


JHC – La traite des mineurs en Belgique: un mal silencieux

Le 8 novembre dernier, ECPAT Belgique a organisé un Jeudi de l’Hémicycle au Parlement francophone bruxellois sur la traite des mineurs. C’était une matinée poignante ! La traite des mineurs est le crime organisé le plus lucratif après les drogues et les armes. Pourquoi si peu de victimes sont-elles détectées en Belgique? Pourquoi est-ce un mal silencieux ?

Les chiffres concernant les enfants victimes de traite ne correspondent pas à la réalité, moins de dix cas par an, selon les statistiques officielles. Mais les acteurs de terrain comme le Commissaire Franz Vandelook parlent de « milliers de jeunes femmes nigérianes » forcées de se prostituer dans les rues de Bruxelles. « Aucune de ces victimes ne se déclare mineure. Elles affirment venir d’autres pays anglophones en guerre, comme la Sierra Leone ». Il poursuit en racontant leur calvaire sur la route de l’exil jusqu’en Belgique. Rares sont celles qui n’ont pas subi des viols à répétitions et des violences s’apparentant à de la torture. Depuis peu, ces femmes se prévalent d’une procédure d’asile en France, qui parce que trop longue chez nous, les met à l’abri d’un renvoi.

Ces mineurs sont souvent considérés comme des délinquants et pas des victimes. Plusieurs cas ont été évoqués où des mineurs se sont vus renvoyés à leurs parents, pourtant leurs exploitants, au lieu d’être protégés. L’exploitation économique a aussi été mentionnée. Plus insoupçonnée que l’exploitation sexuelle, elle n’en demeure pas moins une véritable forme d’esclavage moderne. On retrouve des mineurs exploités dans des restaurants, boucheries, boulangeries ou encore des habitations privées (petites bonnes).

Les centres d’accueil ont souligné combien il est important de réinsérer ces mineurs dans un projet de vie, ainsi que d’assurer leur sécurité physique, avec des mesures parfois très pratiques comme l’interdiction totale de smartphone pour ne pas être en contact avec leur famille, souvent à l’origine de l’exploitation. « Du fait de leur passé d’exploitation, il est vraiment difficile de faire comprendre à ces mineurs, qu’ils seront mieux protégés s’ils se déclarent comme victimes », explique Ariane Couvreur, chargée de projet chez ECPAT Belgique.

La matinée s’est clôturée par une histoire d’une violence inouïe, celle de Maïté Lønne. Elle a eu le courage, l’intelligence, la force et l’espoir de venir en témoigner devant un hémicycle comble.

Je vous propose d’écouter son témoignage avec rage, respect et émotion.

JHC: Restitutions des biens culturels africains: question morale ou juridique?

Le 16 octobre dernier, le Parlement Francophone Bruxellois co-organisait avec l’asbl Bamko-Cran et l’Etat de la Diaspora Africaine un Jeudi de l’Hémicycle consacré à la restitution des biens culturels africains mal acquis notamment au travers de pillages et d’exactions avérés. Voilà un sujet difficile qui nous renvoie à un non-dit de notre histoire et qu’il était important d’aborder sans tabou lors d’un JHC.

La matinée a été ouverte par Mireille Tsheusi-Robert, Présidente de l’asbl Bamko-CRAN, qui a rappelé combien ces objets témoignent de la violence coloniale. Elle a en particulier abordé la question des restes humains – momies, crânes, fœtus – encore détenus par l’Africa Museum, le Musée Royal des Sciences naturelles et l’Université libre de Bruxelles.                                                                                   Michel Bouffioux, journaliste à l’origine de ces révélations dans Paris Match, a rappelé qu’à l’heure actuelle, ces crânes sont utilisés notamment à l’ULB dans un cours sur la variabilité des êtres humains.

Pour la première fois dans un Parlement, le Directeur de l’Africa Museum a présenté des « excuses explicites » et a reconnu un « regard raciste et colonial « quant à la gestion passée du Musée et des trésors qu’il contient. C’est à partir de cette reconnaissance qu’on peut construire un projet de restitution basé sur le respect et la dignité mutuelle.

Quelques semaines plus tard, l’Africa Museum ré-ouvrait ses portes en confirmant ce nouveau discours qui tranche et qui veut se démarquer du passé.

Aurait-on pu imaginer de tels discours ne fut-ce qu’il y a cinq ans ? Non, certainement pas. L’action des diasporas, des chercheurs, des militants a transformé le discours et l’esprit. La porte est ouverte, il faut maintenant s’y engouffrer et la maintenir ouverte en y faisant souffler un nouvel esprit.

Il s’agissait du troisième Jeudi de l’Hémicycle consacré à la mémoire coloniale. Le travail du Parlement Francophone Bruxellois avec l’Association des Métis de Belgique avait permis d’aboutir à des excuses officielles et des résolutions concrètes aux différents niveaux de pouvoir. Maintenant, tout parti confondu, nous travaillons conjointement à une résolution à tous les niveaux de pouvoir pour qu’à l’instar de la France, nous puissions avancer de manière concrète sur cet héritage douloureux de notre histoire coloniale.

JHC – La traite des mineurs en Belgique

Le prochain JHC aura lieu le 8 novembre. Nous y aborderons le thème difficile de la traite des mineurs. Quelle est la réalité de ce mal silencieux? Cette nouvelle rencontre-débat s’annonce très forte, alternant exposés, débat et témoignages. Je vous y attends !

Expo photo: « Soie » de Barbara Iwens

Des femmes nues au Parlement? Sérieux?! Ce jeudi 22 novembre aura lieu vernissage de la magnifique exposition de Barbara Iweins : « Soie ». Cela aurait pu s’appeler « Force et Fragilité ». Tous les deux se mêlent dans un dialogue intense. C’est très beau, émouvant et interpellant ! Venez, venez, venez!

Où et quand : Jeudi 22 novembre de 18h à 20h au PFB, 77 rue du Lombard.

Les journées du Burundi

C’est l’histoire d’un formidable combat de la société civile et d’un investissement sans relâche pendant deux ans de six députées autour de la question de la démocratie au Burundi.

Il y a deux ans, le 8 juillet 2015, le PFB organisait, un Jeudi de l’Hémicycle sur la situation au Burundi, avec le Collectif des femmes pour la paix et la démocratie au Burundi, trois jours avant la réélection de Pierre Nkurunziza. L’hémicycle était rempli, et il était clair à travers tous les témoignages combien la démocratie est fragile. Il s’agissait de comprendre les accords d’Arusha, d’entendre la société civile qui se fédère, de percevoir le désarroi de ceux qui voient leur démocratie bafouée au quotidien.

Depuis ce Jeudi de l’Hémicycle, avec les députées qui sont à l’initiative de ce projet (Simone Susskind, Nadia El Yousfi, Fatoumata Sidibé, Evelyne Huytebroeck, Isabelle Durant), nous n’avons cessé de nous  voir autour de Juliette Nijimbere, l’incroyable combattante qui porte ce projet depuis 3 ans. Chaque vendredi, Juliette nous envoie son « cri du cœur des parents épris de paix et de sécurité au Burundi ». Chaque semaine, nous assistons à la démocratie qui se fissure.

Les Journées du Burundi des 28 et 29 novembre sont un évènement. Grâce au financement de Rudy Demotte, nous avons pu faire venir des personnes du Burundi, de leur pays d’exil, des représentants des Nations Unies, des représentants forts et courageux qui osent venir s’exprimer. A ne pas manquer !

Où et quand : les 28 et 29 novembre. Le 28 à partir de 14h30 au PFB, bâtiment central, 69 rue du Lombard. Inscription via le lien :https://journeesduburundi-sessionouverture.eventbrite.com ; le 29 novembre à 15h au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 72 Rue Royale. Inscription via le lien : https://journeesduburundi-sessioncloture.eventbrite.com

JHC: Restitution des biens culturels africains question morale ou juridique?

Bonne fête nationale à tous et vive la Belgique joyeuse !

Cette année parlementaire en est à sa fin et quelle année ce fut ! L’évènement le plus marquant de ces dernières semaines a été à n’en pas douter nos Diables rouges et leur épopée à la coupe du monde, où ils ont décroché une troisième place historique. Ils nous auront fait rêver et rendus fiers de nos couleurs, de notre Belgitude. Cette ferveur, cet enthousiasme et ce positivisme, nous ont fait oublier l’espace de quelques semaines nos différends, nos tracasseries mais surtout le doute ambiant auquel nous faisons de plus en plus face au quotidien. Au fil de leurs exploits, ils ont su redonner du souffle et de la beauté à notre Belgique.

Cette façon de réussir même quand on ne s’y attend pas, cette ténacité, cette solidarité ancrées en nous et qui se décline au quotidien sans prétention, je la vois tous les jours à travers les associations, les comités de quartier, les citoyens qui poussent les portes du Parlement pour participer au débat, la société civile ardente et courageuse. Parfois avec des bouts de ficelles, avec bonhomie et humour, dans le surréalisme de notre labyrinthe institutionnel, ils arrivent à construire pas à pas notre Bruxelles que j’aime.

L’année qui s’annonce sera une année électorale, une année importante mais surtout une année compliquée et sensible à différents égards. Des élections communales qui ouvriront le bal aux élections régionales, fédérales et européennes en Mai 2019. On le sait bien, ce sont des temps propices aux coups, parfois bas, aux invectives, aux petites phrases assassines ! Alors mon souhait, c’est que nous gardions chacun au fond de nous cette étincelle des Diables rouges, ce sentiment d’appartenance et de joie.

Belles vacances à tous ! 

Quand les jeunes sont acteurs de changements!

Que c’est beau de voir une initiative commencée il y a quelques temps avoir des répercussions sur des jeunes et aboutir à un magnifique projet! Ce fut le cas pour Camille Crucifix, Fiorine Guéry, Louis Van Ginneken, et Malaurie Chokoualé, étudiants en journalisme à l’Ihecs. ll y a un an, nous organisions au PFB une magnifique expo de Patricia Willocq, « Blanc Ebène », témoignages bouleversants de la condition des albinos en Afrique centrale.

Les 4 étudiants étaient là. Marqué par cette exposition, ils ont fait de l’albinisme leur sujet de fin d’études. Et ensuite, ils sont partis un mois en Tanzanie voir sur place ce que veut dire être albinos en Tanzanie en 2018.

 

Quelle magnifique démarche, voilà un projet qui donne sens à l’action politique et qui nous mène vers le partage et une prise de conscience collective. Nous avons donc accueilli, le 7 juin dernier, leur travail fait de très belles photos, très poignantes, ainsi que d’un « mook » – étudiants en journalisme oblige 🙂 – qui explique leur démarche.

Pour finir, voici quelques chiffres qui donnent froid dans le dos : le corps d’un albinos se vend 75.000$, leur espérance de vie moyenne est de 30 ans, les exclusions (éducation, emploi, logement,…) sont vécues au quotidien. Lueur d’espoir, le gouvernement a mis sur pied une série d’actions pour sensibiliser à la problématique, contrer les meurtres, et insérer ces personnes qui n’ont d’autre crime que la couleur de leur peau.

 

Un vrai bravo à ces belles personnes, des initiatives comme on aimerait en voir plus souvent! Voici la preuve que tout le monde à son niveau peut être acteur de changement.

Réception des voeux & vernissage de l’expo « Bruxelles au fil des regards » de Michel Zeicher

Vous étiez nombreux à vous être déplacés à l’occasion des vœux du PFB ! Au programme, le vernissage de l’exposition de Michel Zeicher. Muni d’un vieux boitier argentique moyen format, il est parti à la rencontre de Bruxelles, de ses habitants et de ses couleurs. L’exposition s’articule donc sur le regard qu’il pose sur les rues de la capitale, mais aussi sur le regard que ses habitants lui renvoient. Ce fut également l’occasion de prendre le temps et de discuter avec certains d’entre vous. À l’ère des mutations fulgurantes et des nouvelles technologies, l’exercice de la démocratie est plus exigeant que jamais. Que ce soit lors des « Jeudi de l’Hémicycle » ou lors de mes nombreux déplacements, ces moments de rencontres sont à chaque fois pour moi une occasion précieuse de se retrouver et d’échanger.