SISSD Bruxelles: service intégré de soins à domicile

A l’invitation de sa présidente, Geneviève Oldenhove, j’ai ouvert à Flagey le 22 novembre dernier la rencontre du réseau soins et aide à domicile bruxellois, le SISD Bruxelles

J’étais frappée tout au long de cette journée par la grande maturité et la modernité des acteurs du secteur, qui répondent ainsi à des questions actuelles de société malgré leur évolution dans un espace assez restreint. Lors de cette matinée, le SISD nous a interpellés sur les différents enjeux qu’ils rencontrent. Qu’entend-on par soins ? Par domicile ? Par autonomie ?… Aujourd’hui, ces concepts fondateurs sont en pleine évolution et doivent être redéfinis

Une question majeure est celle de comment favoriser les interactions entre les aidants professionnels et les non professionnels. Pour ce faire, il est important de développer à la fois  la transmission d’informations avec l’ensemble de l’équipe et entre les différents agents. Mais aussi de développer une relation plus intime, plus détaillée avec son patient. Chaque soin donné au domicile du patient est une entrée dans son intimité, c’est pourquoi il faut un juste équilibre entre la confidentialité et la circulation des informations.

1er décembre: journée mondiale contre le sida

A l’heure actuelle, 9 belges sur 10 ne pensent pas courir de risque quant aux maladies sexuellement transmissibles alors qu’encore aujourd’hui 3 personnes par jour sont diagnostiquées ! Pour la journée mondiale de lutte contre le sida, Philipe Courard et moi-même avons invité des futurs enseignants à une matinée de sensibilisation. Qui mieux qu’eux, futurs garants de l’avenir de nos enfants, pour parler d’un sujet si sensible ? Lors de cette matinée d’échanges, nos futurs professeurs ont eu l’occasion de débattre avec la Plateforme Prévention Sida, l’asbl Alter Visio et le Centre de planning familial Midi. Il reste encore beaucoup de chemin à faire pour améliorer la prévention mais aussi pour combattre la maladie et les discriminations et stigmatisations qui y sont liées. Une belle matinée riche en échanges !

JHC: Les Droits de l’Homme dans le quotidien des Bruxellois

Les Droits de l’Homme sont-ils universels ?  Ou sont-ils dépendants du contexte dans lequel ils sont inscris ? C’est à la lumière du quotidien des Bruxellois que nous avons abordé cette problématique au Jeudi de l’Hémicycle du 8 décembre dernier. Pour nos deux éducateurs, Abdel du Centrum West de Molenbeek, et Renaud Lecocq, éducateur à St Jean Batiste de la Salle à St Gilles, la question peut se résumer au port de la carte d’identité. « Leurs » jeunes ne l’oublient jamais, habitués à se faire contrôler dès qu’ils se promènent « en bande », alors que ceux des « beaux quartiers » bien souvent l’oublient vu qu’ils ont rarement à la sortir… cet état de fait n’était pas traduit de l’amertume ou de la violence, mais par un incroyable désir de « s’en sortir » et d’être porteur de solidarité, comme ces jeunes de Molenbeek, « donneurs de bonheur » impliqués dans un projet intergénérationnel avec une maison de repos. Ces témoignages du terrain ont d’autant permis de mettre en exergue les visions divergentes de nos deux intervenants, Alexis Deswaef, président de la Ligue des Droits de l’Homme, et Paule Van Tigchelt, directeur de l’OCAM. Un objectif commun mais un idéal différent pour y parvenir. Cela a mené à des échanges très contrastés ! Et la matinée s’est terminée par le témoignage de Sébastian Van Geel qui a vu débarquer à l’aube à son domicile les forces de l’ordre cagoulées pour suspicion de terrorisme… non avéré. Cela a résumé notre Jeudi de l’Hémicycle : où placer la frontière entre la sécurité publique et la protection individuelle des Droits de l’Homme ?

Le 11 novembre, moment de recueillement et de mémoire

Le 11 novembre, jour de congé pour certains, mais surtout (et on a tendance à l’oublier !) moment de recueillement et de mémoire. J’assiste chaque année aux cérémonies de commémoration mais cette année plus que jamais j’avais envie de partager ce souvenir… Se souvenir alors que notre monde va si mal, pour ne pas répéter les erreurs du passé…  Il y a presque 100 ans, un traité de paix mettait fin à plus de 4 ans de guerre infernale, un combat qui a commencé au début d’un siècle innovant, dans un contexte social et économique mouvementé, en Europe, avec ce qui de prime abord aurait pu passer pour un fait divers, l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois. C’est le moment de penser aux milliers de morts et la boucherie que cette guerre a enclenchée. C’est également le moment de penser aux soldats qui par force et courage ont donnés leurs vies pour arrêter une guerre qui n’était pas forcément la leur. Ce fut aussi le temps de se souvenir des anciens combattants de la Force Publique du Congo. J’ai assisté à un très bel hommage porté par les « anciens », l’asbl Change et des jeunes qui ont raconté un à un les actes de bravoure de ces hommes. Sans eux, serions-nous là? Square Riga, dans le froid, ils recevaient une voix et un visage, si pas la reconnaissance du pays qu’ils ont servi.

Pièce de théâtre: « Les enfants de Don Juan »

Comment divertir dans un climat aussi crispé, tout en continuant à faire réfléchir ? C’est le pari qu’ont tenté Ben Hamidou et Sam Touzani en présentant leur nouvelle pièce de théâtre: « Les enfants de Don Juan ». Pari réussi! Le 13 décembre dernier, le Parlement francophone bruxellois organisait une représentation de ce spectacle mêlant humour, tendresse et autodérision. Le contexte politique actuel nous invite à nous questionner sur la nécessité de remettre de la lumière là où l’obscurantisme menace. Avec beaucoup de générosité, les deux acteurs ont ensuite pris le temps de débattre avec le public.

JHC: « Harcèlement à l’école: comment le détecter et le combattre »

D’année en année, le nombre de harcèlements en milieu scolaire augmente considérablement. Moqueries, insultes, rackets, rejet. Ce phénomène existe depuis toujours et sous différentes formes. Il a cependant pris une nouvelle ampleur avec les réseaux sociaux.

Toutefois, détecter une situation de harcèlement auprès des jeunes n’est vraiment pas facile.  Cette forme de violence est souvent invisible ou perçue comme un simple conflit entre jeunes. Les jeunes, les parents, les éducateurs et les enseignants se retrouvent souvent face à des situations de harcèlement sans avoir de réponses ou de moyens adéquats pour agir.

Comment dès lors lutter contre ce phénomène ? Quels sont les moyens de le détecter ? Comment peut-on le combattre ? Quelle est la réponse des politiques ?

Lors de cette matinée d’échanges, nous tenterons de répondre à ces questions avec différents acteurs de terrain.

Programme de la matinée :

9h45 : « Harcèlement scolaire : état des lieux », Benoit Galand – Professeur en Sciences de l’éducation à l’UCL.

10h05 : « Quid de la médiation scolaire ? », Juliette Vilet – Coordinatrice pédagogique médiation scolaire en FWB.

10h25 : « Comment prévenir le harcèlement à l’école : outils et programmes », Nathalie Defossé – Juriste, Formatrice à l’Université de Paix asbl. (A confirmer)

10h45 : Témoignage des parents d’une victime de harcèlement.

11h00 : Débat.

12h00 : Clôture de la matinée et sandwichs

Date: Jeudi 17 novembre de 9h00 à 12h00

Lieu: Parlement bruxellois, rue du Lombard, 69 à 1000 Bruxelles

RSVP: aselimaj@parlementfrancophone.brussels

Expo photo: Carte blanche de Patricia Mathieu

Pour cette prochaine exposition dans la ruche du Lombard, nous accueillerons les photos de la talentueuse Patricia Mathieu. Passionnée par la photographie depuis de nombreuses années, elle immortalise des artistes, peintres, sculpteurs et musiciens belges.  Son appareil toujours à portée de main, elle a capturé les moments privilégiés entre les artistes et leurs œuvres.

Chaque photo raconte une histoire, un élément important de la vie de l’artiste. Venez découvrir son univers lors de cette expo au Parlement. Un travail magnifique qui mérite le détour.

Vernissage : le mardi 8 novembre 2016 à 18h

Durée de l’exposition : du 09 au 25 novembre 2016

Lieu : Parlement francophone bruxellois, rue du Lombard, 77 à 1000 Bruxelles

#NEWCETA

Le PFB était lui aussi partie prenante dans la négociation CETA! Le 3 juin dernier, nous avions adopté une résolution refusant de donner les pleins pouvoirs au gouvernement pour signer ce traité qui présentait de grands déséquilibres. Après des nuits, des jours, des heures de tension et de négociations ardues, les négociateurs francophones, dont pour le cdH Maxime Prévôt, Alda Greoli et Céline Fremault, ont obtenu des changements d’une importance considérable. C’est ce que la Ministre Céline Frémault, en charge des relations internationales de la Cocof, est venue expliquer au Parlement ce 28 octobre, ce qui a résulté dans le feu vert de notre Parlement pour le traité.

C’est d’abord une victoire spectaculaire de la démocratie.  Alors que tout semblait ficelé, opaque, inamovible, une vraie discussion parlementaire et gouvernementale a réussi à faire bouger des lignes figées et intangibles. C’est une réponse forte et nouvelle à ceux qui pensent que rien ne changera jamais dans la bataille entre puissants. Il y aura un avant et un après CETA. Nous avons prouvé qu’il n’y avait pas de fatalité, qu’il fallait s’approprier les traités avant qu’ils ne soient ficelés et qu’on pouvait même les remettre en question ensuite. C’est en effet une première que nous avons obtenue. On ne négociera plus jamais de la même façon (enfin, j’espère:) ).

Quelques enseignements de ces semaines incroyables…

Sur le fond, je veux souligner tout d’abord une avancée majeure, celle du règlement des différends. Au lieu de subir un arbitrage « à l’anglo-saxonne » déséquilibré et qui fondamentalement ne correspond pas à notre vision d’un Etat de droit, la Commission et le Canada ont accepté d’établir une cour multilatérale composée de magistrats professionnels. Les PME belges seront soutenues pour pouvoir avoir accès aux tribunaux en cas de conflit (sorte de pro deo), ce qui n’était pas prévu dans le traité initial. C’était très important pour nous de préserver ce droit à la défense parfois d’un prix exorbitant face à des multinationales qui en ont bien plus les moyens.

Autre avancée importante, avec les modifications apportées, nous avons pu faire sortir du champ d’application du traité les services publics et les mutuelles ce qui n’était pas prévu au départ dans le traité. Cet élément était également essentiel pour préserver notre modèle social et de conception de l’espace et de la solidarité publique.

Enfin, nous avons obtenu la clause de sauvegarde en matière d’agriculture, c’est à dire la possibilité de remettre des droits de douane pour protéger nos produits locaux qui seraient déstabilisés par l’arrivée de produits canadiens en cas de surproduction. Dans le traité initial, Le Canadiens pouvaient évoquer cette clause de sauvegarde mais pas nous. Maintenant c’est le cas pour nous également.
Le combat a été dur, très dur. Nous l’avons mené ensemble, portés par un formidable élan des citoyens. J’ai rarement senti autant de force, d’espoir, de volonté, de faire bouger l’ordre établi.

Espérons que cette négociation autour du traité CETA constituera le point de départ pour construire une nouvelle Europe !

JHC: La problématique des métis issus de la colonisation belge en Afrique

Le « Jeudi de l’hémicycle du 20 octobre a été consacré à la problématique des métis issus de la colonisation. Que faire des « mulâtres », ces enfants ni Noirs, ni Blancs ? A cette époque, les autorités coloniales n’ont pas hésité à prendre des mesures radicales. Confinés dans des orphelinats dont celui de Save, la plupart de ces enfants ont été envoyés entre 1952 et 1962 en Belgique pour être mis sous tutelle, placés en maison d’accueil ou tout simplement dans des homes.

Lors de cette matinée, nous avons pu entendre les témoignages forts et émouvants de ceux qui ont un jour été les enfants de l’orphelinat. Ils nous ont raconté, avec beaucoup de dignité, les derniers moments vécus avec leurs mères auxquelles ils ont été arrachés, la confusion à leur arrivée en Belgique, le déchirement des fratries que l’on a séparées, et puis aussi la perte d’identité quand ils se sont vus changés de prénoms, de noms et même de date de naissance.

Une des choses apprise lors de cette matinée et choquante est le fait que jusqu’en 2015, les dossiers individuels, y compris les détails intimes, des enfants métis se trouvaient au Musée de Tervuren ! Ça en dit beaucoup sur l’ enchevêtrement entre les histoires individuelles et notre histoire collective… Ainsi, une des demandes concrètes de l’Association des Métis de Belgique (AMB) est de faciliter l’accès à ces archives. A la fois, les archives collectives au Ministère des Affaires étrangères mais également les dossiers individuels qui sont parfois gardés dans archives privées.

Suite au débat, l’ensemble des partis francophones s’est engagé à donner une suite concrète et rapide à nos échanges. Je suis contente de pouvoir dire que grâce au travail réalisé par l’AMB et la volonté du PFB, une proposition de résolution est d’ailleurs déjà sur le point d’être déposée.

Réforme du réglement: un premier pas vers plus de démocratie

Notre commission avait trois objectifs en commençant ses travaux. Le premier était d’harmoniser le règlement. Cela peut sembler banal, mais compte tenu de l’illisibilité dont peuvent parfois faire preuve nos institutions bruxelloises, ce n’était pas du luxe. Je pense ici, par exemple, au fait que nous ayons trois feuilles de route différentes. Il était important de faire un effort en la matière, en prenant les quatre règlements de nos assemblées bruxelloises et en voyant quelles étaient les bonnes pratiques qui pouvaient ou non être appliquées à chacune d’entre elles, en tentant le plus possible d’en harmoniser les règles de fonctionnement ou encore les définitions des groupes politiques.

Dans un second temps, il importait de resserrer notre travail parlementaire, de le rendre plus dynamique, plus alerte et plus fort. Je pense ainsi à un temps de parole plus court ou aux questions d’actualité. Concernant le temps de parole plus court, disposer d’un temps de parole plus court, permettra ainsi à chacun de répliquer. Cela semble être une petite mesure, mais elle n’en est pas moins importante. En effet, il arrive que certains échanges entre un député qui a préparé une interpellation et un ministre qui a préparé sa réponse soient un peu convenus. Dans ce cas de figure, les intervenants dans le débat ont tendance à détourner leur attention. Il est pourtant important qu’ils aient droit à une courte réplique. Cette modification dynamisera donc les débats.

Troisièmement, en plus d’harmoniser et de resserrer les pratiques, il convenait également d’approfondir le travail parlementaire. En la matière, je pense que la note de discussion, en partie importée de la Vlaamse Gemeenschapscommissie (VGC) et du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a son importance. Je rappelle que cette note de discussion est toujours préparée par des experts, souvent universitaires, et permet d’approfondir des questions de société importantes. Je pense qu’il nous faudra être attentifs au choix des débats que nous proposerons par groupe politique, afin que ceux-ci recoupent directement les questions de société.

Lors d’un débat sur le droit de pétition tenu au Parlement, j’ai eu l’occasion de parler de la crise de nos démocraties. J’ai rappelé les paroles de Montesquieu, qui affirmait que les parlementaires étaient la première branche du pouvoir législatif, ainsi que les représentants du peuple. Aujourd’hui, nous ne sommes vraisemblablement ni l’un, ni l’autre. Le rythme et le mode de fonctionnement de nos démocraties ne correspondent plus du tout aux attentes des citoyens. Il fallait donc moderniser cet outil et c’est un premier pas que nous faisons maintenant en ce sens.