Conflits d’intérêt: sans lieu de dialogue plus de Belgique!

Quatre conflits d’intérêt en 6 mois, cela peut sembler absurde, la grenouille qui se prend pour le bœuf, la mouche du coche, la petite COCOF qui empêche le fédéral de tourner rond et continuer sa politique de pensions, des quotas INAMI et maintenant d’une nouvelle catégorie de travailleurs « associatifs ».

 

Qu’est-ce qui est derrière cette multiplication des conflits d’intérêt? L’absence de dialogue, le mal institutionnel belge. Les conflits vont se multiplier avec la formation de majorités différentes entre le fédéral et les entités fédérées. Ça ne peut pas marcher si on n’instaure pas un véritable fédéralisme de coopération, et j’insiste sur le mot de coopération, sous peine que les intérêts deviennent tellement divergents que l’élastique craque.

 

Est-ce la COCOF qui doit assurer ce lien ténu entre nos entités, qui doit porter à chaque fois l’étendard de cette concertation introuvable ? Ben non, évidemment. Le Sénat devrait être ce lieu de rencontre entre les entités fédérale et fédérées, c’est la raison d’être de sa composition. Mais voilà, le Sénat a été délibérément vidé de sa substance par la NVA et ses partenaires et mis dans l’incapacité de remplir ce rôle. Le comité de concertation ? Il se limite le plus souvent à acter le désaccord, sans capacité de construire une voie un rien différente des positions de départ.

 

Alors oui, nous – la COCOF -, forçons ce dialogue, nous poussons la porte du fédéral pour faire entendre la voix des bruxellois francophones qui dit bien haut ce que beaucoup de citoyens partout, d’associations, de fédérations, partagent. Quand certains disent que le conflit d’intérêt « ne sert à rien », ils mettent en péril les deux concertations que nous avons eu concernant les quotas INAMI et les pensions communales. C’est décourageant.

 

Prenons les quotas INAMI. Wallonie et Flandre, ils sont basés sur la population. Par contre, à Bruxelles, ils sont basés sur le nombre d’élèves inscrits en primaire et secondaire. Du coup, la clé de répartition est 83-17. Absurde, quand on sait que les écoles néerlandophones sont fréquentées par un grand nombre de francophones!!! Si on avait pris un autre critère, comme celui des déclarations fiscales ou du nombre de votes exprimés – critères objectifs – ce serait une clé de répartition 92-8. Concrètement, cela signifie qu’il y a 107 médecins par an en moins désignés! Et alors que la pénurie est criante! Voilà pourquoi nous nous battons…

Retard dans le projet Métro-nord: Le début d’une saga RER-bis?

Dans cet  imbroglio qu’est Bruxelles, une interrogation de plus concerne l’avancement du chantier Métro-Nord. Initialement, la date de fin des travaux était annoncée pour 2025. Et voilà qu’on nous annonce d’un coup 3 ans supplémentaires! Cela m’interpelle en tant qu’élue et citoyenne. Parce que le Métro-Nord c’est un enjeu de vision de la ville que l’on n’a pas eu. En effet, comment expliquer que la partie la plus peuplée de Bruxelles est aussi celle qui est le moins desservie par les transports en commun ? C’est l’objectif d’accessibilité et d’attractivité pour le Nord de Bruxelles que nous défendons. L’audition que nous avons eue en Commission Infrastructure avec mes collègues n’était pas concluante et me laisse sur ma faim. Aucun calendrier précis n’a été proposé! Impossible de savoir dès lors si on arrivera même à tenir l’échéance de 2028… pas de saga RER-bis, please!

 

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SIAMU: Opérationnels vs. administratifs

Oui, les hommes et femmes du feu effectuent un travail magnifique pour les Bruxellois, ils risquent leurs vies pour sauver celles des autres, et nous leur disons « merci ». Mais et c’est un grand mais, cela ne doit pas les empêcher d’œuvrer dans la légalité et dans la régularité (des marchés publics modifiés après publication, des voitures de fonctions utilisées par des épouses d’officiers, des sociétés sous-traitantes gérées par des officiers, etc…).  Or ce que j’ai entendu des auditeurs de la Cour des Comptes et des fonctionnaires dirigeants c’est que l’on opérait dans des pratiques en dehors des principes de base de bonne administration et de bonne gestion. Le cadre de légalité ne semble pas avoir été respecté. Alors y-a-t-il eu acte de négligence, un peu de laisser-aller ou s’agissait-il d’actes intentionnels ce qui serait encore plus inadmissible et condamnable ?

 

Les problèmes au SIAMU ne sont pas nouveaux, les tensions entre opérationnels et administratifs sont bien connues. Finalement, ce n’est pas une mauvaise chose si ces dysfonctionnement sont discutés publiquement, même si ce « grand déballage » est à la fois ahurissant et finalement très attristant.

 

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Projet « Delhaize-Molière »: un îlot, un quartier, un projet de ville

Depuis des mois, tout un quartier se mobilise contre le projet « Delhaize-Molière » de Besix RED. Si l’avis défavorable de la commune est un soulagement pour les habitants, celui positif de la Commission de concertation les inquiète et les oblige à être vigilants pour la suite. Soyons tout à fait clairs : ce projet est un vrai désastre pour le quartier! Il est construit autour d’une venelle privée et fermée entourée de 98 logements, le tout quant à lui emprisonné entre les habitations existantes. Le projet est organisé autour d’un espace clos minéral qui ne prévoit aucune respiration, chronique annoncée de conflits de voisinage et de cicatrice urbaine.  En outre, quand on regarde les plans, on peut se demander comment il est possible, aujourd’hui, de présenter un projet d’une telle pauvreté architecturale, alors qu’il se situe dans une zone ZICHEE (Zone d’intérêt culturel, historique, esthétique ou d’embellissement) et que le quartier Ma Campagne-Lepoutre-Brugmann se caractérise par une haute valeur patrimoniale.

La vraie question est : comment a-t-on pu en arriver là ? Le manque de concertation et de vision mettent en cause ici le rôle de l’autorité publique. Or, cette autorité doit fixer les règles du jeu. Nous ne pouvons pas nous retrancher derrière le caractère « privé » de ce projet. A travers l’octroi de permis d’urbanisme, qu’ils relèvent de projets publics ou privés, c’est une vision de la ville qu’il faut défendre. Chaque permis pose la question du vivre ensemble, de la densité et de la qualité de vie des habitants. La réponse du Ministre-président à mon interpellation était surprenante et rassurante à la fois. Surprenante parce qu’il nous a appris que l’avis défavorable du collège était hors délai et donc réputé favorable ! Le pire c’est que le collège ne l’a même pas dit devant les riverains lors du dernier conseil communal. Et rassurante parce que la Région reprend la main et entend redémarrer toute la procédure « à partir d’une page blanche, si pas vierge ». Le Ministre-Président prévoit dès lors des modifications « d’ampleur », une nouvelle enquête publique et une nouvelle Commission de concertation. Maintenant que la Région va redémarrer toute la procédure, il ne faudra pas se contenter d’un permis de modification mais renégocier en profondeur un projet qui soit respectueux de tout un quartier et de ses habitants. Il y a encore de l’espace pour la mobilisation ! Espérons que la nouvelle échevine sera réceptive aux revendications des riverains…

La gare de l’Ouest, enfin sur les rails !

L’aménagement de la gare de l’Ouest, enfin sur les rails ! C’est tout un quartier qui va et doit se réinventer. J’ai interpellé Rudi Vervoort à ce sujet. Trois points sont délicats dans ce dossier : le premier, c’est que nos interlocuteurs sont la SNCB et Infrabel. Non seulement c’est difficile de les mettre d’accord entre eux, mais de plus Bruxelles n’est pas toujours leur priorité, loin de là ! Deux, nous voulons garder un objectif fort de logements publics. La réponse très positive du Ministre-Président nous conforte dans cette option puisque sur les 450 logements prévus, 360 seront publics. Un seul bémol, nous n’avons toujours pas connaissance de la répartition qui sera faite entre le social et le moyen. Trois, le parc de 3 hectares. Celui-ci doit non seulement donner une respiration à tout un quartier mais être un lien entre des quartiers qui ne se connectent pas. J’ai dans cette optique attiré l’attention du Ministre-Président sur la possibilité de mettre en place des aménagements plus urbains, ne fut-ce que par rapport au défi de la dépollution du sol, l’instar de New York et de sa grande promenade sur une ancienne voie de chemin de fer.

Les amendes à la STIB sont-elles payées?

3,5 millions envolés  ! Voilà le chiffre annoncé par le Ministre de la mobilité Pascal Smet lorsque je l’ai questionné sur le montant des amendes à la STIB recouvré pour l’année 2014. Comptabilisant pas moins de 58.576 infractions, l’année 2014 aurait dû rapporter la coquette somme de 7.251.165 euros. Seuls 45% ont été perçus : autant dire qu’on est loin du compte. Plusieurs phénomènes expliquent ce taux de recouvrement bas : augmentation des règlements collectifs de dette, données d’identité fausses ou erronées, divers plan d’apurement, transactions à l’amiable ayant échouées. En ce qui concerne l’année 2015, les résultats sont pour l’instant sensiblement les mêmes (seuls 3.881.018 euros sur 7.570.478 ont été récupérés). Je me suis dès lors se demandée si le montant de l’amende n’est pas trop élevée dans la mesure où le resquilleur est parfois celui qui n’a pas les moyens de payer. Par ailleurs, ce faible taux de recouvrement justifie d’autant plus la proposition du cdH de remettre des accompagnateurs dans les véhicules de la STIB. Cela permettrait de lutter contre la fraude et d’améliorer le service.

PRDD: Le tracé de la ligne de métro vers Uccle

En janvier dernier, je m’étonnais de découvrir un tracé retenu dans le plan régional de développement durable (PRDD) pour le prolongement du métro vers Uccle. Si dès le début de la législature, l’accord de Gouvernement prévoyait le lancement des études pour l´extension du métro vers le sud, aucune n’avait été présentée en commission. J’ai donc interrogé Pascal Smet sur les motifs qui l’avaient poussé à reprendre ce tracé particulier dans le PRDD. J’ai également attiré l’attention du Ministre sur le fait que le tracé en question faisait doublon sur une partie du parcours du bus 48. Par ailleurs, le projet souffre de critiques, le manque de clientèle potentielle le rendant selon certains superflu. Le Ministre a répondu qu’en réalité, Béliris devait encore réaliser une étude pour vérifier l’opportunité d’une extension du métro vers le sud et, le cas échéant, définir un trajet. C’est un peu ça le problème avec le PRDD, les propositions avancées côtoient celles dont l’opportunité n’a pas encore été vérifiée. De quoi installer la confusion… J’espère en tout cas que l’étude de Béliris saura se montrer pertinente et sage face à cette éternelle question : est-ce le métro qui crée la clientèle ou l’inverse ?

Le cinéma Movy Club à Forest racheté par la Région

De 1895 à 1993, la Région de Bruxelles-capitale comptait jusqu´à 250 salles de cinéma. Aujourd’hui, si certaines présentent encore une activité, beaucoup d´entre elles ont été fermées, subissant une reconversion plus ou moins réussie. La Région a récemment fait l´acquisition du cinéma Movy Club, le dernier cinéma de quartier de la commune de Forest, fermé depuis 2013. Cette initiative dont je me réjouis vivement me pousse à repenser au rôle des cinémas, ces lieux populaires, plein de vie qui font ou faisaient partie de l´histoire des habitants. Si redonner vie à tous les cinémas disparus semble illusoire, on peut en tout cas se permettre de réfléchir à la manière dont le cinéma participe au maillage culturel, au rôle qu´il joue dans nos sociétés et aux pistes de reconversion à privilégier afin de garantir que l´âme de ces lieux soient préservées. Prenons par exemple le Charleston, un vieux cinéma du quartier Louise-Bascule qui a échappé à une reconversion en loft pour être finalement réaménagé en espace culturel atypique qui valorise l’ancienne salle de projection et qui participe à l’animation de tout un quartier.

J’ai donc interrogé le Ministre-Président afin de savoir où en était la réflexion au sein du groupe de travail au sujet des réaffectations possibles du Movy Club mais également pour savoir si d’autres initiatives avaient été envisagées avec d’autres cinémas bruxellois. Bien que rien n’ait encore été décidé, Rudy Vervoort a affirmé que le groupe de travail avait déjà reçu plusieurs propositions d’affectation et qu’au final, il souhaiterait que le Movy  club reste, d’une manière ou d’une autre, un cinéma.

Villa Dewin: la saga continue

La Villa Dewin (Hôtel Danckaert) n´est inconnue pour aucun Forestois ! Bijou architectural et culturel, classée au mois de juillet, elle a mobilisé citoyens et riverains autour d´un projet de défense de la qualité de vie du quartier et de son patrimoine. Un projet immobilier prévoyait la réalisation de 51 logements et d´un parking de 67 emplacements sur deux niveaux. Passé en commission de concertation, un avis négatif  a été rendu sur le projet. J’ai interpellé le Ministre-Président pour voir quelle suite comptait donner le Gouvernement régional. Sa réponse m’a vraiment confortée. Pour lui pas question de continuer le projet tel quel : il faudra que le promoteur réintroduise un nouveau projet. J’espère que celui-ci se fera en bonne concertation entre les autorités communales et les citoyens regroupés à travers le comité de quartier. C’est grâce à ce dialogue que le classement de la Villa Dewin a été obtenu et que le projet initial a évolué. Je continuerai à suivre cela de très près.

Le musée du chat finira-t-il dans les délais impartis?

En juillet 2015, Rudy Vervoort annonçait la création du « Musée du Chat et du dessin de presse » dans le bâtiment « 1930 », situé au Mont des Arts, quartier des musées par excellence. Projet ô combien enthousiasmant, il s´agit d´une chance à la fois pour nous, Belges et Bruxellois de découvrir ou de redécouvrir notre patrimoine culturel national à travers le personnage du Chat, figure de proue de la bande dessinée belge, mais également pour les touristes du monde entier ; on retrouve des traductions de l´œuvre de Philippe Geluck en anglais, en finlandais, en libanais, en breton et même en ch´ti !

 

J´ai eu l’occasion de réinterroger le Ministre-président sur l’état d’avancement du projet, à savoir si les collaborations initiées se poursuivaient comme prévues et les budgets et délais respectés. Il m’a confirmé que tout était sur les rails et que l’inauguration aurait toujours bien lieu en 2019. Je m’en réjouis.