Oui, la ville nouvelle se dessine !

J’ai interpellé avec constance depuis 3 mois le Ministre-Président sur les grands projets en aménagement du territoire qui sont le fer de lance de ce gouvernement. Oui, c’est un fait indéniable, le Bruxelles que nous connaissons aujourd’hui ne sera pas le Bruxelles que nos enfants, et petits enfants connaitront dans quelques années. L’axe principal structurant l’action de la politique régionale est l’aménagement du territoire. Prenons le Plan Canal qui à terme permettra de « basculer » la ville du Sud vers le Nord, et de transformer cette cicatrice actuelle de la ville en un axe vivant. D’autres changements majeurs voient le jour comme la création d’une Cité Universitaire aux Casernes et d’une Cité des Médias à Reyers. Ou encore le pôle Delta qui se transforme autour du nouvel hôpital CHIREC mais qui surtout amènera une nouvelle entrée de la ville avec la disparition du viaduc d’Hermann-Debroux, mais aussi  la création d’une nouvelle ville sur l’ancien site de l’OTAN. Ces changements illustrent la volonté du gouvernement de transformer la ville. En aménageant le territoire,  on crée de nouvelles cohésions et liens spatiaux, de nouvelles dynamiques de ville. En 2030, on se promènera dans un Bruxelles qui ne sera pas celui que nous connaissons aujourd’hui.

Chez papa ou chez maman, les mêmes droits!

Depuis 2016, les parents séparés ou divorcés ont la possibilité d’inscrire les enfants qu’ils hébergent de manière partielle dans les registres de la population. Alors que cette inscription, permet aux enfants de jouir de différents avantages offerts par la commune dans laquelle ils vivent de même si c’est épisodiquement (réduction des prix pour les stages, les plaines de jeux, la piscine, etc.), on constate que le nombre de parents qui y ont recours reste faible. Cela est dû, d’une part parce que la démarche n’est à l’heure actuelle pas automatique et d’autre part parce que la plupart des parents ne sont pas au courant de cette possibilité. C’est pourquoi, lors du conseil communal du 24 mai dernier, j’ai introduit une motion, qui a été votée à l’unanimité, pour inciter les autorités communales à assurer lors de chaque nouvelle inscription et de manière régulière, une information sur la possibilité pour un parent hébergeur de mentionner un hébergement partagé en cas de séparation ou de divorce dans les registres de la population ou les registres des étrangers. Au-delà des différents avantages, cette mesure aura un impact hautement symbolique pour les enfants et le parent hébergeur.

Delhaize Molière : la sauvegarde d’un patrimoine bruxellois grâce à la mobilisation citoyenne.

Une véritable victoire citoyenne ! Il y a un an, je rencontrais pour la première fois l’asbl (pas encore constituée) Unilotunquartier. Je me souviens avoir terminé notre réunion par « cela me semble impossible, mais on va se battre ». Et ils l’ont fait !

Au départ, l’urgence, c’était de contrer ce projet pharaonique qui allait détruire tout un quartier. Souvenez-vous : deux barres se faisaient face à l’intérieur d’un îlot pourtant situé dans une zone remarquable pour son architecture, son charme. Entre les deux barres, un minuscule espace minéral. De quoi s’assurer des conflits de voisinage, du bruit, une mobilité chaotique, une perte de qualité de vie pour tous.

La bouche en cœur, le Collège avait reçu les habitants au Conseil lors d’une interpellation citoyenne en leur assurant leur opposition au projet. Pourtant, la Commission de Concertation avait remis un avis favorable et le Collège avait laissé passer les délais, ce qui rendait leur avis favorable… Bon, après ils ont compris (merci à la mobilisation citoyenne) et rectifié le tir. Comme quoi, il faut toujours penser qu’on peut être acteur de changement.

Puis, l’asbl a élargi son combat en le menant sur deux fronts qui symbolisent pour moi la modernité dans la vision de l’urbanisme. D’abord, ils se sont unis à d’autres associations de défense du patrimoine dans le quartier pour défendre ensemble la notion des « incidences cumulées ». C’est quoi ? Un projet très prégnant dans un quartier ne peut pas être vu « tout seul », sans faire une analyse globale de l’incidence d’autres projets juste à côté, dont l’impact cumulé rejaillit sur tout le quartier. Cessons de saucissonner l’approche du patrimoine! C’est une vision de la ville qu’on demande.

Ensuite, ils ont approfondi l’approche patrimoniale du bien. Certes, l’intérêt patrimonial « classique » est avéré, l’ancien Delhaize Molière étant un bâtiment d’Aimable Delune, architecte réputé. Mais c’est bien plus que ça : lors de la conférence organisée par Unilotunquartier, l’historien Pierre Anagnostopoulos nous a emmenés dans la richesse du patrimoine immatériel du bâtiment. La charpente en fer du Royal-Rinking résonnait des fanfares venues accueillir des stars américaines, la Belgique industrielle et urbaine se déployait devant nos yeux. Surtout, on comprenait- c’est pourtant contre-intuitif- que le Royal-Rinking ne s’est pas greffé sur un quartier existant, mais qu’il a au contraire été commandité par Frédéric Brugmann pour attirer des nouveaux citadins sur ce terrain en friche. J’ai eu longuement l’occasion de développer ce point de « patrimoine immatériel » au Conseil Communal, en demandant le classement du bien. Il s’agit de notre histoire, de notre mémoire collective.

Voilà, c’est gagné. Ouf ! La demande en classement est lancée. Bravo aux habitants ! Merci de nous avoir emmenés dans une véritable réflexion sur la vision de la ville. Et ce n’est pas fini ! Le combat continue.

Quand un Jeudi de l’Hémicycle aboutit à une résolution visant à favoriser les relations entre les détenus parents et leurs enfants en prison

Alors même que les agents pénitenciers étaient en grève, nous consacrions le dernier Jeudi de l’Hémicycle de l’année à l’impact de l’incarcération d’un parent détenu sur le lien familial fortement fragilisé. Lorsqu’une personne vit des démêlés avec la justice, son univers et celui de ses proches connaissent toutes sortes de bouleversements dans plusieurs sphères de leur vie. Il est difficile de circonscrire l’ensemble des réactions psychologiques que peut provoquer l’incarcération d’un parent chez l’enfant. Toutefois, il s’agit d’un événement qui implique parfois de grands bouleversements dans la vie de l’enfant et qui peut avoir plusieurs impacts sur les plans psychologique et affectif, lui faisant vivre toute une gamme d’émotions. Parmi ces impacts possibles, on retrouve, notamment, la crainte, l’anxiété, des symptômes de dépression, le sentiment d’abandon, et la crainte d’être oublié par le parent incarcéré ou d’être abandonné. Comment limiter les dégâts de l’incarcération d’un parent? Quel est l’impact pour ces familles, pour les enfants? Voici quelques questions auxquelles nous avons tenté de trouver des réponses pendant cette matinée qui fut très forte.

 

Tous les intervenants sont formels : c’est dans l’intérêt de la société entière de maintenir un lien fort entre le détenu et son enfant : le contraire mène à la récidive (quand le lien familial est distendu, la réinsertion trébuche et la récidive est à la porte) et au cercle vicieux de voir à leur tour les enfants tomber dans la délinquance.

 

Devant un hémicycle comble, Un papa  nous a fait part via vidéo de sa détresse: « ça fait deux mois que des enfants n’ont pas vu leur parent détenu ». Voici donc une des conséquences directe du service garanti en prison.

 

Madeleine Guyot, de l’équipe du Délégué Général aux Droits de l’Enfant, rappelle: « Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d’une nation qu’en visitant ses prisons ». Cette citation d’Albert Camus trouve tout son sens aujourd’hui et nous devons tout mettre en œuvre pour offrir un meilleur encadrement en prison car c’est l’ensemble de la société civile qui en fait les frais.

 

Du côté politique, c’est une belle démarche commune. En novembre 2017, je visitais avec bon nombre de mes collègues les prisons de Forest et Saint-Gilles. Hier, nous tenions un Jeudi de l’Hémicycle. Aujourd’hui, nous  construisons ensemble une résolution qui englobe toute une série de recommandations très concrètes aux différents niveaux de pouvoir, pour enfin avoir une adoption à l’unanimité dépassant les clivages majorité-opposition, alors même que le débat sur l’univers carcéral est houleux et que les grèves qui ont perduré des semaines.

 

Bravo à Stefania Perrini, toute l’équipe de Relais Enfants-Parents pour l’incroyable travail qu’ils font avec trois fois rien. « Quand je suis arrivée ici il y a deux ans, la moitié de mon équipe était en burn-out », disait Stefania. On le comprend tant la charge émotionnelle en plus de physique est lourde (le temps en prison est long même si les temps de visite sont courts). Leur travail met de l’humanité dans un univers par définition fermé et dur. Merci.

Conflits d’intérêt: sans lieu de dialogue plus de Belgique!

Quatre conflits d’intérêt en 6 mois, cela peut sembler absurde, la grenouille qui se prend pour le bœuf, la mouche du coche, la petite COCOF qui empêche le fédéral de tourner rond et continuer sa politique de pensions, des quotas INAMI et maintenant d’une nouvelle catégorie de travailleurs « associatifs ».

 

Qu’est-ce qui est derrière cette multiplication des conflits d’intérêt? L’absence de dialogue, le mal institutionnel belge. Les conflits vont se multiplier avec la formation de majorités différentes entre le fédéral et les entités fédérées. Ça ne peut pas marcher si on n’instaure pas un véritable fédéralisme de coopération, et j’insiste sur le mot de coopération, sous peine que les intérêts deviennent tellement divergents que l’élastique craque.

 

Est-ce la COCOF qui doit assurer ce lien ténu entre nos entités, qui doit porter à chaque fois l’étendard de cette concertation introuvable ? Ben non, évidemment. Le Sénat devrait être ce lieu de rencontre entre les entités fédérale et fédérées, c’est la raison d’être de sa composition. Mais voilà, le Sénat a été délibérément vidé de sa substance par la NVA et ses partenaires et mis dans l’incapacité de remplir ce rôle. Le comité de concertation ? Il se limite le plus souvent à acter le désaccord, sans capacité de construire une voie un rien différente des positions de départ.

 

Alors oui, nous – la COCOF -, forçons ce dialogue, nous poussons la porte du fédéral pour faire entendre la voix des bruxellois francophones qui dit bien haut ce que beaucoup de citoyens partout, d’associations, de fédérations, partagent. Quand certains disent que le conflit d’intérêt « ne sert à rien », ils mettent en péril les deux concertations que nous avons eu concernant les quotas INAMI et les pensions communales. C’est décourageant.

 

Prenons les quotas INAMI. Wallonie et Flandre, ils sont basés sur la population. Par contre, à Bruxelles, ils sont basés sur le nombre d’élèves inscrits en primaire et secondaire. Du coup, la clé de répartition est 83-17. Absurde, quand on sait que les écoles néerlandophones sont fréquentées par un grand nombre de francophones!!! Si on avait pris un autre critère, comme celui des déclarations fiscales ou du nombre de votes exprimés – critères objectifs – ce serait une clé de répartition 92-8. Concrètement, cela signifie qu’il y a 107 médecins par an en moins désignés! Et alors que la pénurie est criante! Voilà pourquoi nous nous battons…

Retard dans le projet Métro-nord: Le début d’une saga RER-bis?

Dans cet  imbroglio qu’est Bruxelles, une interrogation de plus concerne l’avancement du chantier Métro-Nord. Initialement, la date de fin des travaux était annoncée pour 2025. Et voilà qu’on nous annonce d’un coup 3 ans supplémentaires! Cela m’interpelle en tant qu’élue et citoyenne. Parce que le Métro-Nord c’est un enjeu de vision de la ville que l’on n’a pas eu. En effet, comment expliquer que la partie la plus peuplée de Bruxelles est aussi celle qui est le moins desservie par les transports en commun ? C’est l’objectif d’accessibilité et d’attractivité pour le Nord de Bruxelles que nous défendons. L’audition que nous avons eue en Commission Infrastructure avec mes collègues n’était pas concluante et me laisse sur ma faim. Aucun calendrier précis n’a été proposé! Impossible de savoir dès lors si on arrivera même à tenir l’échéance de 2028… pas de saga RER-bis, please!

 

Découvrez mon intervention sur rtbf.be à ce sujet

SIAMU: Opérationnels vs. administratifs

Oui, les hommes et femmes du feu effectuent un travail magnifique pour les Bruxellois, ils risquent leurs vies pour sauver celles des autres, et nous leur disons « merci ». Mais et c’est un grand mais, cela ne doit pas les empêcher d’œuvrer dans la légalité et dans la régularité (des marchés publics modifiés après publication, des voitures de fonctions utilisées par des épouses d’officiers, des sociétés sous-traitantes gérées par des officiers, etc…).  Or ce que j’ai entendu des auditeurs de la Cour des Comptes et des fonctionnaires dirigeants c’est que l’on opérait dans des pratiques en dehors des principes de base de bonne administration et de bonne gestion. Le cadre de légalité ne semble pas avoir été respecté. Alors y-a-t-il eu acte de négligence, un peu de laisser-aller ou s’agissait-il d’actes intentionnels ce qui serait encore plus inadmissible et condamnable ?

 

Les problèmes au SIAMU ne sont pas nouveaux, les tensions entre opérationnels et administratifs sont bien connues. Finalement, ce n’est pas une mauvaise chose si ces dysfonctionnement sont discutés publiquement, même si ce « grand déballage » est à la fois ahurissant et finalement très attristant.

 

Découvrez mon intervention sur bx1 à ce sujet

Projet « Delhaize-Molière »: un îlot, un quartier, un projet de ville

Depuis des mois, tout un quartier se mobilise contre le projet « Delhaize-Molière » de Besix RED. Si l’avis défavorable de la commune est un soulagement pour les habitants, celui positif de la Commission de concertation les inquiète et les oblige à être vigilants pour la suite. Soyons tout à fait clairs : ce projet est un vrai désastre pour le quartier! Il est construit autour d’une venelle privée et fermée entourée de 98 logements, le tout quant à lui emprisonné entre les habitations existantes. Le projet est organisé autour d’un espace clos minéral qui ne prévoit aucune respiration, chronique annoncée de conflits de voisinage et de cicatrice urbaine.  En outre, quand on regarde les plans, on peut se demander comment il est possible, aujourd’hui, de présenter un projet d’une telle pauvreté architecturale, alors qu’il se situe dans une zone ZICHEE (Zone d’intérêt culturel, historique, esthétique ou d’embellissement) et que le quartier Ma Campagne-Lepoutre-Brugmann se caractérise par une haute valeur patrimoniale.

La vraie question est : comment a-t-on pu en arriver là ? Le manque de concertation et de vision mettent en cause ici le rôle de l’autorité publique. Or, cette autorité doit fixer les règles du jeu. Nous ne pouvons pas nous retrancher derrière le caractère « privé » de ce projet. A travers l’octroi de permis d’urbanisme, qu’ils relèvent de projets publics ou privés, c’est une vision de la ville qu’il faut défendre. Chaque permis pose la question du vivre ensemble, de la densité et de la qualité de vie des habitants. La réponse du Ministre-président à mon interpellation était surprenante et rassurante à la fois. Surprenante parce qu’il nous a appris que l’avis défavorable du collège était hors délai et donc réputé favorable ! Le pire c’est que le collège ne l’a même pas dit devant les riverains lors du dernier conseil communal. Et rassurante parce que la Région reprend la main et entend redémarrer toute la procédure « à partir d’une page blanche, si pas vierge ». Le Ministre-Président prévoit dès lors des modifications « d’ampleur », une nouvelle enquête publique et une nouvelle Commission de concertation. Maintenant que la Région va redémarrer toute la procédure, il ne faudra pas se contenter d’un permis de modification mais renégocier en profondeur un projet qui soit respectueux de tout un quartier et de ses habitants. Il y a encore de l’espace pour la mobilisation ! Espérons que la nouvelle échevine sera réceptive aux revendications des riverains…

La gare de l’Ouest, enfin sur les rails !

L’aménagement de la gare de l’Ouest, enfin sur les rails ! C’est tout un quartier qui va et doit se réinventer. J’ai interpellé Rudi Vervoort à ce sujet. Trois points sont délicats dans ce dossier : le premier, c’est que nos interlocuteurs sont la SNCB et Infrabel. Non seulement c’est difficile de les mettre d’accord entre eux, mais de plus Bruxelles n’est pas toujours leur priorité, loin de là ! Deux, nous voulons garder un objectif fort de logements publics. La réponse très positive du Ministre-Président nous conforte dans cette option puisque sur les 450 logements prévus, 360 seront publics. Un seul bémol, nous n’avons toujours pas connaissance de la répartition qui sera faite entre le social et le moyen. Trois, le parc de 3 hectares. Celui-ci doit non seulement donner une respiration à tout un quartier mais être un lien entre des quartiers qui ne se connectent pas. J’ai dans cette optique attiré l’attention du Ministre-Président sur la possibilité de mettre en place des aménagements plus urbains, ne fut-ce que par rapport au défi de la dépollution du sol, l’instar de New York et de sa grande promenade sur une ancienne voie de chemin de fer.

Les amendes à la STIB sont-elles payées?

3,5 millions envolés  ! Voilà le chiffre annoncé par le Ministre de la mobilité Pascal Smet lorsque je l’ai questionné sur le montant des amendes à la STIB recouvré pour l’année 2014. Comptabilisant pas moins de 58.576 infractions, l’année 2014 aurait dû rapporter la coquette somme de 7.251.165 euros. Seuls 45% ont été perçus : autant dire qu’on est loin du compte. Plusieurs phénomènes expliquent ce taux de recouvrement bas : augmentation des règlements collectifs de dette, données d’identité fausses ou erronées, divers plan d’apurement, transactions à l’amiable ayant échouées. En ce qui concerne l’année 2015, les résultats sont pour l’instant sensiblement les mêmes (seuls 3.881.018 euros sur 7.570.478 ont été récupérés). Je me suis dès lors se demandée si le montant de l’amende n’est pas trop élevée dans la mesure où le resquilleur est parfois celui qui n’a pas les moyens de payer. Par ailleurs, ce faible taux de recouvrement justifie d’autant plus la proposition du cdH de remettre des accompagnateurs dans les véhicules de la STIB. Cela permettrait de lutter contre la fraude et d’améliorer le service.