Ma carte blanche dans le soir: « construisons ensemble la politique carcérale de demain »

En faisant de la rénovation et de la construction d’établissements pénitentiaires une priorité, le gouvernement néglige l’urgence. Il doit être plus audacieux et innovant.

Le mouvement de grève des gardiens de prison, par sa longueur, a pris des allures inédites. Le profond malaise qui règne depuis des années au sein des prisons a atteint son paroxysme. Le système carcéral belge est à l’agonie : surpopulation, conditions de détention inhumaines, prisons insalubres, déficit de soutien psychosocial, manque d’accompagnement pour la réinsertion des détenus… Le constat est affligeant. Et ce n’est évidemment pas sans conséquences sur le taux de récidive. Près de six condamnés sur dix ont récidivé au moins une fois entre 1995 et 2013, et ce n’est pas la situation actuelle qui améliorera, je le crains, les choses. Avec de tels chiffres, c’est la crédibilité de notre modèle carcéral et répressif qui est aujourd’hui ébranlée.

 

Manque de vision

La réponse actuelle du gouvernement fédéral, qui consiste uniquement à rénover et construire de nouvelles prisons, manque cruellement de vision. La question des infrastructures est importante car elle permet de répondre à l’urgence actuelle : héberger les prisonniers dans des conditions respectueuses de la dignité humaine. Sans oublier qu’une prison s’inscrit dans un environnement qui dépasse largement les seules considérations liées au seul hébergement des prisonniers : la mobilité, l’urbanisme, l’accessibilité pour les familles, la sécurité des déplacements prison/palais de justice, les conditions de travail des agents… et la manière dont le gouvernement fédéral aborde ces points précis dans le dossier des capacités d’hébergement pénitentiaire en Région bruxelloise renforce notre conviction d’une méthode qui néglige délibérément de prendre en considération toutes les transversalités du dossier. Et ce, que ce soit dans le dossier des prisons bruxelloises, ponctuellement ; ou que ce soit dans la mise en œuvre d’une politique carcérale globale, plus efficace, totalement intégrée. Sans intégration, pas de projet. Sans transversalités, pas de vision.

Car en ne se concentrant que sur la seule donnée immobilière, l’Etat fédéral ne fait qu’une (toute petite) partie du chemin, et ne répond qu’aux besoins les plus urgents. Car il est d’autres horizons et d’autres moyens à développer, urgemment.

 

Repenser la politique répressive

Outre l’état de délabrement des infrastructures pénitentiaires, c’est la politique répressive menée en Belgique qui prend l’eau. Et ce n’est pourtant pas les idées qui manquent pour la réformer. De nombreux experts, collectifs et citoyens se sont exprimés sur le sujet. Les prisons sont en crise. La protestation n’est pas finie. Profitons de ce moment pour transformer cette crise en opportunité. Mettons-nous ensemble autour de la table pour repenser la politique carcérale et répressive de demain. Réunissons une Conférence interministérielle qui rassemble autour d’une même table l’ensemble des autorités qui ont une compétence en la matière, qu’elles soient fédérales, régionales et communautaires.

Car au-delà de la question des prisons elles-mêmes, il faut mener une réflexion sur les objectifs de cette politique et sur l’usage de la peine de prison. Le problème de la surpopulation carcérale ne peut être réglé uniquement par la construction de nouvelles prisons. Par contre, devons-nous nous retenir de réfléchir et d’enfin agir en matière d’efficacité des peines alternatives, de réinsertion des détenus, de leur insertion psychosociale ? La réponse est évidente.

 

Manque d’originalité

Un détenu « coûte » aujourd’hui entre 150 et 200 euros par jour. Un mois de prison représente 4.500 euros. Une partie de ces sommes faramineuses doit être consacrée à développer, aussi, des sanctions alternatives, qui puissent nous démontrer qu’elles protègent plus efficacement la société des actes de récidive. Les sanctions administratives représentent un bel outil pour certains types de délits. Pourquoi ne pas renforcer ce système ? Les pays étrangers notamment nordiques, offrent de bons exemples en la matière, développant des projets parfois originaux. Pourquoi ne pas s’en inspirer lorsque ceux-ci portent leurs fruits ?

Offrir des conditions de détention plus humaines, c’est l’urgence. Mais si on veut aller plus loin et mener une politique carcérale durable, il nous faut rebâtir notre modèle répressif, lequel montre plus que jamais ses limites. Il nous faut être plus audacieux et plus innovant, que de s’en tenir à simplement améliorer la « Case Prison ».

Ce travail, c’est maintenant qu’il doit être mené, afin de s’assurer que les moyens et les investissements futurs seront les plus efficaces, les plus pertinents, aujourd’hui, mais aussi, dans cinq ans, dix ans, vingt ans.

Elections 2018-2019: ce sera le vote électronique avec ticket!

Pour les prochaines élections, vote électronique ou vote papier ? Le 8 juin 2015, j’interpellais avec Marc Loewenstein Rudi Vervoort et le débat était lancé. Un an de discussions et d’auditions plus tard, nous avons adopté en commission des affaires intérieures une proposition organisant le vote électronique avec ticket pour les élections à Bruxelles.

Si la Wallonie a décidé d’opter pour le vote papier dans le but de répondre à la crise de la confiance du citoyen vis-à-vis du vote électronique, à Bruxelles nous avons opté pour une autre alternative.

Déjà parce que la réalité bruxelloise aurait conduit les citoyens à devoir voter sur d’immenses bulletins de vote équivalent à des dizaines de feuilles A4 ! Aussi parce que les communes de Saint-Gilles et de Woluwé-Saint-Pierre ont déjà testé cette façon de voter et l’évaluation lors des deux scrutins a été très positive. Le fait de pouvoir vérifier son vote par un « ticket » papier – ce qui n’existe pas en Wallonie – permet de à l’électeur de vérifier ce qu’il a fait électroniquement. Et le choix pour un système «  open source »  rassure quant au caractère transparent – ou du moins vérifiable – du système dans son ensemble.

Le système retenu permet à la fois de poser Bruxelles comme « smart-city » moderne, informatisée et connectée et de répondre au souci de transparence et de confiance du citoyen.

Belle avancée !

La revitalisation urbaine

Pendant plusieurs semaines en commission du développement territorial nous avons débattu sur le projet d’ordonnance organique de la revitalisation urbaine. Ces nombreux débats montrent l’importance du sujet. En effet, cette ordonnance est décisive quant à la vision que se donne la région de la ville.

Depuis des années, les contrats de quartiers ont fait leurs preuves. Au fil du temps, ils ont favorisé la mixité sociale, fonctionnelle et urbanistique. Toutefois, face aux nouveaux défis de la Région, il est vraiment nécessaire d’actualiser cet outil.

Je voudrais souligner deux données importantes qui ont été apportées lors des (longs !) débats au Parlement :

  • Nous avons également insisté sur l’importance d’inclure plus de participation citoyenne dans ce processus et cette dynamique intercommunale (communes, comités de quartier, association de commerçant, etc.). Des nouvelles dispositions ont été introduites dans le sens d’une plus grande participation, ce qui est un véritable garant du succès de la revitalisation urbaine.
  • Alors que le projet initial ne prenait en compte que 3 critères pour déterminer la zone de revitalisation urbaine (revenus médians, densité de la population et taux de chômage), nous sommes parvenus à pousser le Gouvernement à aller au-delà de ces 3 critères socio-économiques et inclure ce qui fait la spécificité de l’évolution de la ville: l’équipement collectif, les espaces verts et l’état du bâti

En conclusion, majorité et opposition se sont concertées afin d’améliorer la qualité du projet au seul bénéfice des quartiers.

Vous êtes passionnés des cimetières ? Moi, si :)!

Le général Boulanger qui se suicide sur la tombe de sa maîtresse Marguerite de Bonnemains, le mausolée à la gloire de la Malibran qui était une star avant l’air des réseaux sociaux, les croix qui coexistent avec les symboles maçonniques au cimetière d’Ixelles, les rébus à déchiffrer sur la tombe de Broodthaers… autant d’histoires qui racontent l’Histoire et qui font partie de notre patrimoine culturel et historique. Les cimetières sont prisés par les habitants et sont de véritables mines d’or pour découvrir les pratiques culturelles d’une population, l’histoire d’une ville, d’une région, d’un pays.

Lors d’une commission aménagement du territoire, j’ai demandé au Ministre Président que la Région bruxelloise se joigne au réseau des Cimetières Remarquables d’Europe créé en 2010, à l’instar de grandes villes telles que Venise, Paris ou encore Barcelone. Aucune ville belge ne se trouve sur le passage de cette « route européenne des cimetières », soyons les premiers !

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Comm. spéciale tunnels bruxellois: le bilan

Une commission spéciale de 2 mois a été mise en place suite à la problématique des tunnels bruxellois. Le travail réalisé par la Commission n’a pas désigné un coupable comme certains l’auraient – à tort- espéré. Néanmoins, elle a permis d’établir des pistes pour le futur mais aussi de lever le voile sur les dysfonctionnements et le manque de transparences de certaines procédures. Nous avons de ce fait identifié les erreurs à corriger et à ne plus reproduire à l’avenir.

Suite à notre travail en Commission, nous avons fait plusieurs recommandations au Gouvernement. Ce dernier a d’ores et déjà entrepris leurs mises en œuvre à savoir :

–           le plan pluriannuel d’investissements qui offre une vision à long terme et qui prévoit le début des travaux pour… 2017 – alors que certains affirmaient qu’il ne se passerait rien avant 2018 au moins-,

–           les améliorations attendues quant à la surveillance, la maintenance et l’entretien des tunnels,

–           l’audit de Bruxelles Mobilité après lequel suivra un renforcement de personnel qualifié.

 

Nous veillerons à ce que nos recommandations se concrétisent et qu’elles se réalisent en toute transparence dans les plus brefs délais.

Deux questions restent cependant posées.

La première est celle du financement. Nous sommes d’avis de dire que le coût des rénovations ne peut être porté que par les Bruxellois. Et que ce coût ne doit pas avoir d’impact négatif sur les projets préalablement prévus.

La deuxième question concerne la mobilité à Bruxelles. La rénovation des tunnels ne doit pas laisser en suspens d’autres projets. Le cdH encourage le développement du RER, la création des parkings de dissuasion, l’extension des lignes de métro, le développement du réseau Villo, la promotion de l’utilisation du vélo électrique, l’amélioration de la vitesse commerciale des véhicules STIB, ainsi que l’amélioration des services de voitures partagées et de transports rémunérés de personnes. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre les tunnels mais de continuer à rendre la ville accessible, pas seulement pour ceux qui veulent se rendre à leur travail, mais aussi pour ses autres fonctions : commerces, culture, soins de santé, événementiel, services de secours, …

Pourquoi ne prolongerait-on pas d’ailleurs certains  tunnels afin de désengorger les voiries principales ?

Pour la création d’un festival des bouquineries à Bruxelles

De nos jours, combien de Bouquineries ne font pas également café ou encore laverie ? Paradoxalement, alors même que les Bouquineries participent au développement de l’économie circulaire de Bruxelles, on réalise qu’elles disparaissent de plus en plus de notre paysage.

J’ai donc décidé d’interpeller Didier Gosuin en Commission des affaires économiques. L’objectif était de mettre en avant l’importance et surtout la valeur culturelle de nos bouquineries bruxelloises fort présentes sur les grands boulevards du centre.

Comment faire en sorte de revaloriser nos bouquineries à l’instar des bouquineries présentes tout au long des Quais de Seine à Paris et qui sont reconnus depuis 2011 comme Patrimoine Mondial par l’Unesco ?

Une idée que je lui ai lancé est l’organisation d’un grand festival des bouquineries sur le territoire de notre capitale. Je suis assez satisfaite de sa réponse dans laquelle il se dit tout à fait prêt à soutenir une telle initiative. Alors, on s’y met quand ?

Leçon de vie, leçon de ville

Parcours PMR métro-bus-tram des députés infra, accompagnés chacun d’une personne qui vit cela au quotidien. Wow! J’étais avec Margaux Noach, sa maman, et Michel Cormond d’Altéo, formidables d’humour, de courage…et de résilience (« oh, tu sais, ça arrive tout le temps »). Le fait d’être accompagnée de Margaux a vraiment donné une autre dimension à cette expérience.

Au départ déjà, l’unique portique large PMR se bloque. Pas moyen de passer les autres plus étroits. Très vite, on s’impatiente derrière… Pour monter dans le métro, il faut prendre rendez-vous 24h à l’avance pour qu’un agent place une petite passerelle. Ben oui, il y a trou entre le quai et la rame… Consternation, une seule personne en chaise roulante par métro (pas par rame!). Ah non, déjà que c’est un parcours du combattant, on reste ensemble. Pour le tram, plus d’aide, tout est censé être à niveau. La chaise de Margaux reste calée dans le trouAprès plusieurs ascenseurs assez cachés qui servent par ailleurs d’urinoirs et des trottoirs biseautés qui donnent des sueurs froides, nous nous retrouvons dans un bus, enfin, disons le premier qui avait sa rampe qui fonctionnait pour pouvoir y entrer:). Nous n’étions pas au bout de nos péripéties et Margaux gardait le sourire! Chapeau!

Finalement, il suffirait d’aménagements pas toujours si coûteux pour que rendre visite à un ami, à son docteur, ou simplement aller au cinéma ne s’apparente pas à un parcours héroïque. Ah oui!, il suffirait:).

Bien sûr, la Stib fait des efforts. Mais il y a du boulot avant que le réseau ne soit réellement accessible. Passer toute une après-midi avec Margaux m’a permis de passer du dossier à la réalité. A l’avenir, j’en referai un dossier qui aura pris la force du vécu. Merci!

Tunnel Stéphanie: fermé pendant un an!

L’information n’a pas pu vous échapper : le tunnel Stéphanie est fermé jusqu’à nouvel ordre, d’importantes fissures ont effectivement été découvertes au plafond. Un épisode spectaculaire de plus dans la saga des tunnels, après Léopold II et avant que n’apparaissent les fissures du tunnel Pachéco… Un coup dur pour les milliers de navetteurs, pour les automobilistes bruxellois et plus globalement pour la mobilité à Bruxelles.  Bonjour les embouteillages !!!

Une commission spéciale a été créée au Parlement Régional Bruxellois afin d’évaluer les manques structurels et financiers éventuels en ce qui concerne l’entretien des tunnels bruxellois et de formuler des recommandations visant à améliorer la mobilité dans la capitale. Avec Hervé Doyen et Benoit Cerexhe, j’ai été désignée pour participer à cette commission.

Comment a-t-on pu arriver à une telle situation? Je suis vraiment interpellée par le fait qu’un dossier aussi important ait pu rester sans suivi sérieux durant toutes ces années. Il existait en effet un master plan qui établissait, dès mars 2013, un plan de rénovation de l’ensemble des tunnels bruxellois pour des raisons de sécurité, mais qui n’a jamais fait l’objet d’une discussion au gouvernement. Afin d’y voir plus clair, nous avons demandé d’obtenir la chronologie des mesures proposées et prises jusqu’à ce jour relatives auxdites dégradations. Autre surprise à laquelle nous n’avons pas encore eu de réponse, le coût estimé d’une partie des travaux, passé de 250 Mio € en 2011 à plus de 500 Mio €.

A ce jour, il est encore trop tôt pour déterminer quelles sont les responsabilités de chacun, tant que l’on n’a pas bien compris le cheminement de la prise de décision dans ce dossier. C’est autant une question de sécurité que d’une véritable stratégie à développer en matière de mobilité à Bruxelles. Paradoxalement alors que des embouteillages monstres menacent de paralyser la ville, il faut voir ce casse-tête comme une véritable opportunité de définir une nouvelle politique de mobilité à Bruxelles. Nous nous retrouverons chaque mercredi en commission spéciale pour avancer dans ce dossier compliqué.

Ligne 71, la saga continue!

Ligne 71, la saga continue… Le collège communal d’Ixelles et la Région nous annoncent la nouvelle décision d’interdire la chaussée d’Ixelles aux voitures pendant la journée; seuls les vélos, les taxis et les bus pourront l’emprunter.

Cela me fait sourire : la majorité s’est depuis le début opposée aux différents projets concernant la ligne 71, une des plus importantes du réseau de la Stib. La majorité en place à Ixelles s’est depuis le début opposée aux différents projets concernant la ligne 71. Ella avait même lancé une pétition contre le projet de tram 71, dans la mesure où celui-ci risquait de pénaliser les commerces et le trafic de la Chaussée d’Ixelles.

Depuis le départ, nous avons plaidé pour une amélioration de la situation actuelle de la ligne 71- complètement engorgée – mais également pour une valorisation de l’artère commerçante. Je suis contente d’entendre qu’il y a enfin un projet qui est en route pour améliorer la situation.

Toutefois, pour qu’un tel projet soit mis en œuvre de manière optimale, il doit être suivi d’une triple condition. Primo, un véritable plan de mobilité pour les quartiers avoisinants, d’autant plus urgent que le tunnel Stéphanie sera fermé. En effet, ce projet de piétonnier arrive au même moment que la fermeture du tunnel qui aura un impact sur tout l’urbanisme de notre commune. Cela pose la question du début de la mise en œuvre du chantier. Gare au télescopage de méga bouleversements ! Ensuite, un plan d’accompagnement pour la sécurisation des piétonniers. Enfin, un plan d’accompagnement des commerces afin qu’ils maintiennent une diversité et l’existence de commerces de proximité. Evitons l’invasion des grandes enseignes typiques aux piétonniers !

Alors oui à une amélioration de la situation actuelle de cette ligne, complètement engorgée, mais attention aux apprentis-sorciers. La suite en commission où j’interrogerai le Ministre compétent pour connaître les mesures qu’il entend prendre…

Hôtel Astoria: un joyau toujours endormi

J’ai interrogé en commission le Ministre Rudi Vervoort sur le chantier de l’Hôtel Astoria. Cet ancien Hôtel de prestige conçu par Léopold II pour accueillir les têtes couronnées lors de l’Exposition Universelle de 1910 est en chantier depuis des années. Il y a deux ans, j’ai déjà interrogé le Ministre en charge à ce sujet. Il m’annonçait que  l’Hôtel ouvrirait ses portes en 2015 mais les travaux semblent toujours à l’arrêt. En 2013, la Région a décidé d’octroyer 12 millions pour rénover ce magnifique bâtiment classé mais tout est bloqué suite à la découverte d’une pollution du sol causée par une fuite  d’une cave à mazout. Des travaux de dépollution jusqu’au moins 14 mètres sont exigés. Mais quand reverrons-nous ce chef-d’œuvre de van Dievoet ?