Mission en Arménie et Nagorno-Karabakh

Je me suis rendue avec mes collègues députés André du Bus, Hervé Doyen, Vanessa Matz, Simone Susskind et Fatoumata Sidibé une semaine en Arménie et au Nagorno Karabakh sur invitation de la Fédération euro-arménienne pour la justice et la démocratie. Oui, nous avons parlé du génocide en cette année 2015 mais nous avons surtout parlé du processus de démocratisation en Arménie et du conflit autour du Nagorno-Karabakh. Nos rencontres à Erevan et à Stepanakert se sont déroulées au plus haut niveau : Président de l’Arménie, Président du Parlement arménien, Président du Nagorno Karabakh, Haute autorité religieuse, Ministre des Relations extérieures et des députés tant de la majorité que de l’opposition. Ce petit pays enclavé entre la Turquie (qui a fermé ses frontières), l’Azerbaïdjan (avec lequel elle est en guerre), la Géorgie et l’Iran revendique son appartenance aux valeurs européennes alors que sa situation géopolitique reste préoccupante, en particulier pour le Nagorno-Karabakh. Je reviendrai prochainement plus en détails sur cette mission qui mérite à elle seule un rapport circonstancié.

Un peu de presse concernant notre mision:

Vote électronique : pour ou contre ?

Le Parlement bruxellois a fait sa rentrée avec un débat autour du vote électronique. J’y ai pris la parole au nom du cdH, en rappelant les différentes positions défendues, très contrastées au sein de l’opinion publique.

Le vote est un moment fort de la démocratie, or les bugs électoraux que nous avons connus ces dernières années ont sérieusement entamé la confiance du citoyen par rapport au vote électronique. Le Parlement wallon a adopté une résolution demandant l’abandon du vote électronique. A Bruxelles, les avis sont partagés. Si le vote électronique répond bien à notre volonté de poser Bruxelles comme smart-city, moderne, informatisée, et connectée, le coût n’est pas à négliger. En effet, le vote électronique représente une somme importante : 1.37€ contre 10 cents pour le vote papier. En outre, ce vote n’offre pas les mêmes garanties que le vote papier en termes de sécurité, de vérification et d’intégrité et accentue la rupture de confiance du citoyen. D’autre part, la praticabilité du vote papier à Bruxelles pose question : une centaine de candidats multipliée par une quinzaine de partis rien que pour l’élection régionale, cela mène à un bulletin de vote gigantesque !

Il existe, toutefois, une 3ème voie qui a déjà été testée dans les communes de Saint-Gilles et Woluwe-Saint-Pierre : le vote électronique avec ticket qui permet de vérifier son vote et assure une plus grande sécurité et confidentialité. Les avis dans les deux communes sont positifs. Seul hic : ce système coûte plus cher (12 ou 13 € par vote).

Quelle est la solution à apporter ? Le débat mérite d’avoir lieu! La confiance entre le citoyen et nos institutions ne se résume pas à la question du vote électronique ou papier, certes, mais c’est le point de départ de notre démocratie représentative. Et vous, pour ou contre ? Suite lors de la prochaine commission…

JDH: « Quels Roles pour les femmes dans la résolution de la crise au Burundi? »

La situation au Burundi est très préoccupante. C’est pourquoi le Parlement a accueilli « Le Collectif des Femmes pour la paix et la démocratie au Burundi » le mercredi 8 juillet pour répondre à la question : quel rôle pour les femmes dans la résolution de la crise actuelle au Burundi ? Et les femmes du Collectif ont tiré la sonnette d’alarme : plus de 130.000 personnes ont déjà fui dans les pays voisins face à la multiplication des violences. Dans un hémicycle rempli, les intervenantes ont montré que le rôle des femmes est essentiel dans ce conflit. Les femmes sont toujours les premières victimes des conflits civils mais elles sont aussi un puissant vecteur de reconstruction. Les témoignages étaient bouleversants, engagés, concrets. Puis la rencontre s’est terminée par un slam très émouvant de la jeune Gioia Frolli. Merci au collectif des femmes pour la paix et la démocratie au Burundi d’avoir si bien organisé cette séance passionnante. Cette séance débouchera d’ailleurs sur une résolution adoptée à l’unanimité au Parlement francophone bruxellois sur la situation critique au Burundi. Celle-ci demande de continuer ce type d’action avec la diaspora burundaise en matière de cohésion sociale tout en aidant les femmes à être actrices de changements et de construction démocratique.

JDH: « Les soins palliatifs au coeur du débat »

Le 4 juin dernier, j’ai reçu au sein de l’hémicycle la Fédération bruxelloises des soins palliatifs pour un « Jeudi de l’Hémicycle » dédié entièrement à ce secteur. L’Hémicycle et la tribune remplis étaient vraiment à l’image des inquiétudes, préoccupations et questions que se posent les professionnels et acteurs de terrain. Une liste d’attente pour  mourir dignement… Du manque de moyens, des listes d’attentes, de la dimension interculturelle propre à Bruxelles au manque de formations dans certains lieux clés tant des médecins généralistes que du personnel en MR/MRS, par leurs revendications aux députés nous avons pu nous rendre compte une fois de plus à quel point le secteur fait face à de nombreuses difficultés. Une matinée très très interpellante organisée avec brio par la Fédération bruxelloise des soins palliatifs.

 

Retrouvez l’ensemble des vidéos du débat: ici

JDH: « Femmes et violence: la reconstruction »

A l’occasion de la journée internationale des droits de la Femme, nous avons projeté, le 5 mars dernier, le film de Benoît Dervaux et André Versaille « Rwanda, la vie après – Paroles de mères ». Il retrace le long cheminement douloureux vers la recontruction de 6  femmes tutsies violées lors du génocide au Rwanda. Les personnes présentes dans l’hémicycle ont été choquées, touchées par cette histoire particulière, celle du Rwanda en 1994, et pourtant si commune à celle de centaines de milliers de jeunes femmes aujourd’hui, en Syrie, au Nigéria, au Soudan ou ailleurs. L’hémicycle était plein et deux classes de jeunes adolescents étaient venues voir le film. Passée la gêne d’entendre les mots crus décrire le viol, difficiles à entendre même pour un adulte, beaucoup de jeunes sont partis en me disant: « Je comprends que ces femmes là, il y a vingt ans, cela pourrait être moi aujourd’hui. Je veux me battre contre cette violence ». Mission accomplie.

Commémoration à Chastres

Une journée entière passée avec une centaine de jeunes, ça fait du bien! Le matin, beau moment d’émotion au cimetière de Chastre, avec le bourgmestre, l’ambassadeur de Tunisie et le consul-général du Maroc. Je leur parle de ces jeunes de leur âge, morts pour un idéal si loin de leur pays natal. « Si j’étais né en 17 à Leidenstadt… » chante Goldman. Et si eux avaient 17 ans à Kobané, Alep ou Maiduguri? Oseraient-ils descendre dans la rue, affronter les armes, se battre pour leur liberté? Penseraient-ils à un petit frère, une grande sœur, un ami à protéger? Ce n’est pas facile d’être un héros quand on ne connait pas la fin de l’histoire… L’après-midi, cinéma! Nous avons assisté à la projection d’une trentaine de court-métrages contre le racisme au Théâtre de la Toison d’Or dans le cadre du Festival « A films ouverts ». Après, un débat plus qu’animé avec des élèves hyper engagés et construits. Un des élèves a même sorti l’art. 18 de la CEDH :). Une journée très citoyenne, donc.