JDH: Les jeunes aidants proches

Sujet jamais abordé et pourtant essentiel dans notre société : Les Jeunes Aidants Proches.

Il s’agit de jeunes qui prennent soin de leurs proches lorsque ceux-ci sont devenus dépendants suite à un accident, une maladie, un handicap, etc. Ils endossent aussi le rôle de papa et maman pour leurs frères et sœurs.

Témoignage poignant de la jeune Déborah qui, à 15 ans, s’est vue assumer le rôle de cheffe de famille suite à l’accident vasculaire cérébral de sa mère. Elle souligne que depuis 2 ans, elle mène une vie différente des autres. Le temps passé auprès de sa mère est au détriment de celui passé sur les bancs de l’école. Elle nous a fait part de son sentiment de devoir, celui d’aider sa mère. Déborah a conclu en disant combien il était essentiel de pouvoir sortir de son isolement et combien est précieuse l’aide apportée par l’association des Jeunes Aidant Proches. Je retiendrai son conseil de ne jamais se renfermer, de parler pour aller mieux. Quelques larmes se sont perdues dans l’assistance. Une vraie leçon de vie !

Comment identifier les décrochages scolaires chez ces jeunes qui s’imposent d’eux même des responsabilités qu’ils ne devraient pas avoir à assumer ?

Une directrice d’école, sensibilisée à cette problématique, nous a exposé les difficultés qu’elle rencontrait et l’expérience vécue auprès des JAP au sein de son établissement. C’était aussi l’occasion pour elle de donner des pistes réflexives sur le statut spécifique à attribuer à ces jeunes en milieu scolaire.

Merci aux associations Jeunes aidants Proches, La Braise et Télé-Secours pour porter ce beau projet. Notons également la présence d’une AMO et d’un service de soin palliatif.

JDH – Le sexisme ordinaire

« Pétasse », « connasse », « salope », … le pire est que ces injures sont devenues tellement banales qu’elles ne nous font même plus sourciller.

En pleine semaine des droits des femmes, il nous semblait judicieux d’aborder le thème du sexisme ordinaire. C’est ainsi que l’hémicycle a accueilli Sylvie Lausberg, auteure de l’ « édifiante histoire des injures sexuelles », qui nous a décrit l’historique et le sens d’une flopée d’insultes.

« Marie, vous reprendrez les tasses de café ! », « Comme voiture de société, mieux vaut une grosse voiture pour les hommes, une petite facile à garer pour les femmes ». Eva Abella Martin met en lumière les différences de traitement qui existent entre les hommes et les femmes dans le monde du travail.  Elle y expose notamment la loi « genre ». Un constat édifiant qui montre qu’il y a encore du chemin à faire.

Béa Ercolini, rédactrice en chef de Elle Belgique, nous présente son ASBL « Touche pas à ma pote » ainsi qu’un aperçu de l’image de la femme « trash » et sexualisée à outrance dans le monde publicitaire. Ce qui a interpellé les jeunes élèves de La Brise présents parmi nous lors de cette rencontre. Ces derniers avaient d’ailleurs participé à une activité proposée par « Touche pas à ma pote » au sein même de leur école.

Didier Van Bruyssel, auteur du récent ouvrage « Bye bye macho ! » conclut brillamment ce colloque par sa vision de la virilité sans le virilisme.

Les élèves de la Brise ont naturellement pris la parole lors du débat pour un bel échange avec les députés présents dans l’hémicycle. Merci à eux et à l’ensemble de nos intervenants 🙂

Rencontre avec Elise Boghossian

Le 8 mars, un déjeuner a été organisé avec Élise Boghossian au sein du Parlement francophone bruxellois. Rencontrer Élise Boghossian, c’est partir loin, à la rencontre des femmes yézidies et chrétiennes arrachées à l’esclavage, c’est écouter le témoignage magnifique d’une femme qui consacre sa vie à soulager la douleur des blessés de guerre, c’est conjuguer le courage et la solidarité au présent.

Élise Boghossian s’engage d’abord en Arménie, puis en Syrie et aujourd’hui au Kurdistan irakien. En 2013, elle rejoint le camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec la Syrie, où la guerre civile fait des milliers de morts. Durant l’été 2014, après l’offensive de Daech contre les populations du Kurdistan irakien, elle décide de constituer une équipe de médecins pluridisciplinaire pour répondre à de nouveaux besoins. En janvier 2015, son association Shennong & Avicenne inaugure  un dispensaire mobile dans la région d’Erbil. Elle accueille aujourd’hui 500 réfugiés par jour.

Voici le déroulement de son quotidien tel qu’elle le raconte dans son ouvrage : « Au royaume de l’espoir, il n’y a pas d’hiver. Soigner en zone de guerre ».

« Elvina est très belle, elle a vingt-deux ans, des yeux bruns, un nez fin, des arcades sourcilières marquées, des cheveux cachés par un voile en soie noir. Les traits de son visage sont délicats. Elle est assise, les épaules courbées, les mains sur les genoux. Son frère, en face d’elle, ne la lâche pas des yeux et l’accompagne partout. Originaire de Kojo, un village proche de Sinjar, Elvina a assisté au massacre des habitants : seul six hommes ont survécu. Entre le 3 et le 15 août 2014, elle et ses sœurs se sont réfugiées dans une école, sans savoir qu’elle était devenue une base de Daech. Prises au piège, elles ont rejoint sur un autre site, soixante-dix femmes du village, prisonnières elles aussi. Les femmes sont séparées en trois groupes : femmes âgées, femmes mariées avec enfants et jeunes femmes vierges. Les femmes mariées sont emmenées à Telafar ou en Syrie. Elvina ira à Mossoul, avec d’autres vierges.

 

Sur place, son groupe est à nouveau divisé en deux. Une partie reste à Mossoul. Elvina fait partie du deuxième groupe de cinquante-sept femmes qui attend dans une maison que des chrétiens ont dû abandonner, avant de partir en Syrie. Elles sont conduites dans une salle déjà occupée par une soixantaine de filles. La veille, soixante autres ont été vendues. De 9h30, jusqu’à midi, des hommes viennent à tour de rôle choisir leur « marchandise » en la palpant de tous les côtés. Le prix d’une fille varie de vingt-cinq à quarante mille dinars irakiens, soit de vingt à trente-cinq dollars américains. Lorsqu’une d’elles tente de résister, on lui cogne le crâne contre le mur devant les autres. Celles qui se dérobent aux palpations et attouchements sont privées de nourriture pendant deux jours. Une amie d’Elvina s’est suicidée dans cette salle avec un couteau qu’elle avait volé.

 

Elvina, va retenir notre attention durant de longues heures. Elle vit dans un camp non loin de Duhok, et a accepté de venir nous rencontrer pour ses premiers soins. Lorsque je pénètre dans la salle, nos regards se croisent. Nous ne nous connaissons pas mais mon sang se glace. Nous sommes timides toutes les deux. Je n’ose pas la regarder, j’ai peur de la déranger et de m’immiscer dans son intimité. Mais je brûle d’envie d’entrer dans sa vie et de l’inviter dans la mienne. Son regard est tour à tour présent et absent. Elle doit prendre des calmants… Malgré tout j’essaie de lire dans ses yeux, et de lui épargner un récit insupportable. Juste savoir pourquoi elle est là, comment nous pouvons l’aider… Réparer, encore et toujours. »

Commémoration de Chastre

Chastre, lieu de mémoire, émotion du souvenir de ceux qui sont morts pour un idéal qui était le nôtre et pas nécessairement le leur. Avec une centaine de jeunes, nous étions accompagnés du Consul général de France à Bruxelles, du Conseiller de l’Ambassade de la République tunisienne, du Consul général adjoint du Maroc et le bourgmestre de Chastre.

Ce jour-là, l’émotion était au rendez-vous. Une rose à la main, les élèves ont marqué une pause pour se recueillir sur les tombes. Par ce geste, ils font revivre les morts. Nous quittons Chastre en laissant derrière nous le cimetière fleuri d’une centaine de roses. Beaucoup d’émotion également lors de notre après-midi au Théâtre de la Toison d’or dans le cadre du Festival « A films ouverts ». Au menu, des courts et très courts métrages abordant le thème du racisme. Tantôt humoristiques, tantôt tristes, mais toujours justes et poignants, ces films étaient réalisés par des jeunes venus de toute la Fédération Wallonie Bruxelles. Après, un débat avec la salle et mes collègues députés Zoé Genot et Youssef Handichi. Un débat qui se révélera carrément fort et souvent très dur.

« Plus jamais ça » avait-on déclaré. Fort est de constater que le racisme en Europe est malheureusement toujours d’actualité. Et notre vivre ensemble malmené …

JDH: « Prostitution: faut-il abolir le plus vieux métier du monde? »

Souvent qualifiée de « plus vieux métier du monde », la prostitution est aujourd’hui questionnée par les abolitionnistes. La prostitution est-elle un métier comme un autre ou faut-il au contraire la considérer comme une violence à l’égard des femmes qu’il faut abolir ? En présence des défenseurs des deux théories, nous tenterons de répondre à ces questions au cours de cette matinée de réflexion. Pour alimenter le débat nous projetterons le documentaire « Not for sale » de Marie Vermeiren. Nous aurons également l’occasion d’accueillir en tant qu’intervenants  des acteurs de terrain qui viendront nous faire part de leurs réflexions.

Date: Le jeudi 28 janvier 2016, de 13h30 à 16h30

Lieu: Parlement bruxellois, rue du Lombard, 69 à 1000 Bruxelles

RSVP:  aselimaj@parlementfrancophone.brussels

Expo photo: « Le château »

Après deux années de recherches, prises de vues, explorations, Yannick Coppens, diplômé d’Agnès Varda vient nous présenter son exposition: Le Château. Une série de photos d’un vieux château laissé à l’abandon. À travers son objectif, Yannick Coppens nous transmet toute l’émotion ressentie en découvrant ce lieu hors du temps et figé, comme attendant le retour de ses propriétaires… Il s’est fixé une règle: ne rien toucher, ni déplacer. Captivante et envoutante, l’exposition est à voir dans l’Espace Jardin du Parlement francophone bruxellois. Venez nombreux réveiller la Belle au Bois Dormant!

Date: du 20 janvier au 16 février 2016

Lieu: Parlement bruxellois, rue du Lombard, 69 à 1000 Bruxelles

 

Thione Niang: rencontre avec un éternel optimiste

Ils étaient nombreux à venir à la rencontre de Thione Niang, ce jeune sénégalais au parcours hors du commun! Issu d’une famille modeste de 20 enfants, Thione arrive en Amérique avec 20 dollars en poche, la tête pleine de rêves et d’ambition. À force de travail et de persévérance , il devient l’un des directeurs de campagne du sénateur Obama alors en course pour la présidentielle américaine. C’est devant une salle comble qu’il est venu nous parler de son parcours, ses pistes pour rendre notre monde meilleur. Surtout il est venu partager avec nous un peu de son énergie positive. Ce fut un moment motivant pour tous, merci Thione Niang, pour cet optimisme sincère!

Hôtel Astoria: un joyau toujours endormi

J’ai interrogé en commission le Ministre Rudi Vervoort sur le chantier de l’Hôtel Astoria. Cet ancien Hôtel de prestige conçu par Léopold II pour accueillir les têtes couronnées lors de l’Exposition Universelle de 1910 est en chantier depuis des années. Il y a deux ans, j’ai déjà interrogé le Ministre en charge à ce sujet. Il m’annonçait que  l’Hôtel ouvrirait ses portes en 2015 mais les travaux semblent toujours à l’arrêt. En 2013, la Région a décidé d’octroyer 12 millions pour rénover ce magnifique bâtiment classé mais tout est bloqué suite à la découverte d’une pollution du sol causée par une fuite  d’une cave à mazout. Des travaux de dépollution jusqu’au moins 14 mètres sont exigés. Mais quand reverrons-nous ce chef-d’œuvre de van Dievoet ?

Rencontres avec des magistrates tunisiennes

A l’initiative de Simone Susskind, nous avons rencontré lors d’un déjeuner des magistrates et activistes tunisiennes qui accompagnent le travail du parlement et du gouvernement tunisien dans l’élaboration d’un projet de loi sur la décentralisation.

Depuis l’adoption de sa nouvelle constitution, la Tunisie a lancé différents chantiers afin de réussir au mieux le processus de démocratisation et celui-ci en fait partie. 

L’objectif de cette rencontre était d’échanger et de pouvoir faire bénéficier la délégation tunisienne de l’expérience belge en la matière : nos points forts mais aussi et surtout nos points faibles et les erreurs à ne pas reproduire. 

Je dois dire qu’être interrogés sur notre modèle nous a fait réfléchir aux  solidarités nécessaires que notre système morcelé met sous tension. J’ai trouvé ce moment très fort. Alors que la Tunisie est sous le choc après les attentats du Bardo, de Sousse et de Tunis, ces femmes nous apportent un message fort : l’importance de continuer à construire la démocratie, notamment en en permettant l’exercice réelle et indépendant du pouvoir, l’indépendance financière des collectivités locales et par la mise en place des mécanismes de contrôles nécessaires.  Chapeau bas Mesdames !!!

Police : des policiers marocains plus compétents pour gérer la diversité bruxelloise que les policiers belges ? Je dis non !

Le Ministre Jan Jambon a annoncé il y a quelques semaines que des policiers marocains viendraient prochainement prêter mains fortes à nos policiers à Bruxelles et à Anvers. Ces policiers seraient amenés à travailler dans des quartiers à forte diversité culturelle car nos policiers «  ne réagissent pas toujours de la meilleure manière lors des interventions dans ces quartiers » selon le Ministre.

Je suis personnellement outrée par les propos du Ministre qui insinue de la sorte que des policiers marocains seraient plus à aptes à comprendre des situations propres à la diversité bruxelloise.

C’est simple, si on veut une police de proximité efficace, il faut qu’elle nous ressemble ! Or, actuellement, énormément de jeunes bruxellois qui souhaitent intégrer les services de police échouent aux tests de recrutement. Alors que 25% de l’effectif travaillent à Bruxelles, seuls 8 % sont bruxellois. Ce constat est tout simplement dramatique et c’est à ce niveau-là que nous devons trouver des solutions. Comment assurer une police bruxelloise à l’image de Bruxelles sans avoir des critères de recrutement spécifiques à chaque ville ? Sans risquer de glisser vers une police à plusieurs vitesses ?

Comment assurer une plus grande diversité dans le recrutement ? Quel accompagnement mettre en place afin de limiter au maximum les barrières à l’embauche auxquelles font face nos jeunes bruxellois?

Une présence plus importante de Bruxellois dans les services de police, susceptibles de comprendre les réalités du terrain, d’assurer une réelle proximité avec les citoyens Bruxellois et qui boosterait l’emploi dans notre Région dont le taux de chômage reste élevé, voilà où devraient selon moi se trouver nos priorités.