Projet « Delhaize-Molière »: un îlot, un quartier, un projet de ville

Depuis des mois, tout un quartier se mobilise contre le projet « Delhaize-Molière » de Besix RED. Si l’avis défavorable de la commune est un soulagement pour les habitants, celui positif de la Commission de concertation les inquiète et les oblige à être vigilants pour la suite. Soyons tout à fait clairs : ce projet est un vrai désastre pour le quartier! Il est construit autour d’une venelle privée et fermée entourée de 98 logements, le tout quant à lui emprisonné entre les habitations existantes. Le projet est organisé autour d’un espace clos minéral qui ne prévoit aucune respiration, chronique annoncée de conflits de voisinage et de cicatrice urbaine.  En outre, quand on regarde les plans, on peut se demander comment il est possible, aujourd’hui, de présenter un projet d’une telle pauvreté architecturale, alors qu’il se situe dans une zone ZICHEE (Zone d’intérêt culturel, historique, esthétique ou d’embellissement) et que le quartier Ma Campagne-Lepoutre-Brugmann se caractérise par une haute valeur patrimoniale.

La vraie question est : comment a-t-on pu en arriver là ? Le manque de concertation et de vision mettent en cause ici le rôle de l’autorité publique. Or, cette autorité doit fixer les règles du jeu. Nous ne pouvons pas nous retrancher derrière le caractère « privé » de ce projet. A travers l’octroi de permis d’urbanisme, qu’ils relèvent de projets publics ou privés, c’est une vision de la ville qu’il faut défendre. Chaque permis pose la question du vivre ensemble, de la densité et de la qualité de vie des habitants. La réponse du Ministre-président à mon interpellation était surprenante et rassurante à la fois. Surprenante parce qu’il nous a appris que l’avis défavorable du collège était hors délai et donc réputé favorable ! Le pire c’est que le collège ne l’a même pas dit devant les riverains lors du dernier conseil communal. Et rassurante parce que la Région reprend la main et entend redémarrer toute la procédure « à partir d’une page blanche, si pas vierge ». Le Ministre-Président prévoit dès lors des modifications « d’ampleur », une nouvelle enquête publique et une nouvelle Commission de concertation. Maintenant que la Région va redémarrer toute la procédure, il ne faudra pas se contenter d’un permis de modification mais renégocier en profondeur un projet qui soit respectueux de tout un quartier et de ses habitants. Il y a encore de l’espace pour la mobilisation ! Espérons que la nouvelle échevine sera réceptive aux revendications des riverains…

La gare de l’Ouest, enfin sur les rails !

L’aménagement de la gare de l’Ouest, enfin sur les rails ! C’est tout un quartier qui va et doit se réinventer. J’ai interpellé Rudi Vervoort à ce sujet. Trois points sont délicats dans ce dossier : le premier, c’est que nos interlocuteurs sont la SNCB et Infrabel. Non seulement c’est difficile de les mettre d’accord entre eux, mais de plus Bruxelles n’est pas toujours leur priorité, loin de là ! Deux, nous voulons garder un objectif fort de logements publics. La réponse très positive du Ministre-Président nous conforte dans cette option puisque sur les 450 logements prévus, 360 seront publics. Un seul bémol, nous n’avons toujours pas connaissance de la répartition qui sera faite entre le social et le moyen. Trois, le parc de 3 hectares. Celui-ci doit non seulement donner une respiration à tout un quartier mais être un lien entre des quartiers qui ne se connectent pas. J’ai dans cette optique attiré l’attention du Ministre-Président sur la possibilité de mettre en place des aménagements plus urbains, ne fut-ce que par rapport au défi de la dépollution du sol, l’instar de New York et de sa grande promenade sur une ancienne voie de chemin de fer.

Les amendes à la STIB sont-elles payées?

3,5 millions envolés  ! Voilà le chiffre annoncé par le Ministre de la mobilité Pascal Smet lorsque je l’ai questionné sur le montant des amendes à la STIB recouvré pour l’année 2014. Comptabilisant pas moins de 58.576 infractions, l’année 2014 aurait dû rapporter la coquette somme de 7.251.165 euros. Seuls 45% ont été perçus : autant dire qu’on est loin du compte. Plusieurs phénomènes expliquent ce taux de recouvrement bas : augmentation des règlements collectifs de dette, données d’identité fausses ou erronées, divers plan d’apurement, transactions à l’amiable ayant échouées. En ce qui concerne l’année 2015, les résultats sont pour l’instant sensiblement les mêmes (seuls 3.881.018 euros sur 7.570.478 ont été récupérés). Je me suis dès lors se demandée si le montant de l’amende n’est pas trop élevée dans la mesure où le resquilleur est parfois celui qui n’a pas les moyens de payer. Par ailleurs, ce faible taux de recouvrement justifie d’autant plus la proposition du cdH de remettre des accompagnateurs dans les véhicules de la STIB. Cela permettrait de lutter contre la fraude et d’améliorer le service.

PRDD: Le tracé de la ligne de métro vers Uccle

En janvier dernier, je m’étonnais de découvrir un tracé retenu dans le plan régional de développement durable (PRDD) pour le prolongement du métro vers Uccle. Si dès le début de la législature, l’accord de Gouvernement prévoyait le lancement des études pour l´extension du métro vers le sud, aucune n’avait été présentée en commission. J’ai donc interrogé Pascal Smet sur les motifs qui l’avaient poussé à reprendre ce tracé particulier dans le PRDD. J’ai également attiré l’attention du Ministre sur le fait que le tracé en question faisait doublon sur une partie du parcours du bus 48. Par ailleurs, le projet souffre de critiques, le manque de clientèle potentielle le rendant selon certains superflu. Le Ministre a répondu qu’en réalité, Béliris devait encore réaliser une étude pour vérifier l’opportunité d’une extension du métro vers le sud et, le cas échéant, définir un trajet. C’est un peu ça le problème avec le PRDD, les propositions avancées côtoient celles dont l’opportunité n’a pas encore été vérifiée. De quoi installer la confusion… J’espère en tout cas que l’étude de Béliris saura se montrer pertinente et sage face à cette éternelle question : est-ce le métro qui crée la clientèle ou l’inverse ?

Le cinéma Movy Club à Forest racheté par la Région

De 1895 à 1993, la Région de Bruxelles-capitale comptait jusqu´à 250 salles de cinéma. Aujourd’hui, si certaines présentent encore une activité, beaucoup d´entre elles ont été fermées, subissant une reconversion plus ou moins réussie. La Région a récemment fait l´acquisition du cinéma Movy Club, le dernier cinéma de quartier de la commune de Forest, fermé depuis 2013. Cette initiative dont je me réjouis vivement me pousse à repenser au rôle des cinémas, ces lieux populaires, plein de vie qui font ou faisaient partie de l´histoire des habitants. Si redonner vie à tous les cinémas disparus semble illusoire, on peut en tout cas se permettre de réfléchir à la manière dont le cinéma participe au maillage culturel, au rôle qu´il joue dans nos sociétés et aux pistes de reconversion à privilégier afin de garantir que l´âme de ces lieux soient préservées. Prenons par exemple le Charleston, un vieux cinéma du quartier Louise-Bascule qui a échappé à une reconversion en loft pour être finalement réaménagé en espace culturel atypique qui valorise l’ancienne salle de projection et qui participe à l’animation de tout un quartier.

J’ai donc interrogé le Ministre-Président afin de savoir où en était la réflexion au sein du groupe de travail au sujet des réaffectations possibles du Movy Club mais également pour savoir si d’autres initiatives avaient été envisagées avec d’autres cinémas bruxellois. Bien que rien n’ait encore été décidé, Rudy Vervoort a affirmé que le groupe de travail avait déjà reçu plusieurs propositions d’affectation et qu’au final, il souhaiterait que le Movy  club reste, d’une manière ou d’une autre, un cinéma.

Villa Dewin: la saga continue

La Villa Dewin (Hôtel Danckaert) n´est inconnue pour aucun Forestois ! Bijou architectural et culturel, classée au mois de juillet, elle a mobilisé citoyens et riverains autour d´un projet de défense de la qualité de vie du quartier et de son patrimoine. Un projet immobilier prévoyait la réalisation de 51 logements et d´un parking de 67 emplacements sur deux niveaux. Passé en commission de concertation, un avis négatif  a été rendu sur le projet. J’ai interpellé le Ministre-Président pour voir quelle suite comptait donner le Gouvernement régional. Sa réponse m’a vraiment confortée. Pour lui pas question de continuer le projet tel quel : il faudra que le promoteur réintroduise un nouveau projet. J’espère que celui-ci se fera en bonne concertation entre les autorités communales et les citoyens regroupés à travers le comité de quartier. C’est grâce à ce dialogue que le classement de la Villa Dewin a été obtenu et que le projet initial a évolué. Je continuerai à suivre cela de très près.

Le musée du chat finira-t-il dans les délais impartis?

En juillet 2015, Rudy Vervoort annonçait la création du « Musée du Chat et du dessin de presse » dans le bâtiment « 1930 », situé au Mont des Arts, quartier des musées par excellence. Projet ô combien enthousiasmant, il s´agit d´une chance à la fois pour nous, Belges et Bruxellois de découvrir ou de redécouvrir notre patrimoine culturel national à travers le personnage du Chat, figure de proue de la bande dessinée belge, mais également pour les touristes du monde entier ; on retrouve des traductions de l´œuvre de Philippe Geluck en anglais, en finlandais, en libanais, en breton et même en ch´ti !

 

J´ai eu l’occasion de réinterroger le Ministre-président sur l’état d’avancement du projet, à savoir si les collaborations initiées se poursuivaient comme prévues et les budgets et délais respectés. Il m’a confirmé que tout était sur les rails et que l’inauguration aurait toujours bien lieu en 2019. Je m’en réjouis.

PRDD: la concertation est toujours ouverte

Le 8 février dernier, le Ministre-Président Rudi Vervoort présentait en Commission le projet de Plan Régional de Développement Durable (PRDD). Il s’agit là d’un outil important puisqu’à travers ses différents axes, il exprime une nouvelle vision de la ville. L’axe privilégié par le Gouvernement est celui de la dimension territoriale, dimension à travers laquelle il veut pouvoir agir de façon pragmatique sur les transformations de la Ville. S’il s’agit là d’un aspect important, on ne peut que regretter que le Projet de plan actuel délaisse une dimension des plus importantes lorsque l’on parle du développement de notre ville de demain : la dimension humaine. En effet, le PRDD n’évoque aucune mesure concrète sur de véritables enjeux de notre société actuelle : personnes handicapées, aînés, Ville durable, etc. …rien. Il faut légitimement se demander comment impliquer plus la société civile dans la définition de ce que nous voulons comme ville demain. Alors que le PRDD est actuellement soumis à une enquête publique qui se clôturera déjà le 13 mars prochain, j’ai alors interrogé Rudy Vervoort sur la suite qui y sera donnée et le caractère figé ou non des différentes mesures présentées. Il s’est dit ouvert à toutes nouvelles propositions, ce sur quoi nous travaillons déjà au sein du cdH. Cette ville de demain doit être à l’image de ses habitants d’aujourd’hui, alors n’hésitez pas vous aussi à donner votre avis en vous rendant sur le site : http://www.prdd.brussels/ .

Palais de justice: La saga continue

« Outrecuidant », un mot bien suranné pour qualifier l’attitude du MR bruxellois sur le Palais de justice en commission du développement territorial. En effet, dans leur proposition de résolution, ils parlent de l’aménagement du Palais de Justice en faisant des « propositions » à la Région concernant son affectation.  Ils proposent entre autres d’y mettre le Musée d’Art Contemporain, plutôt que dans le bâtiment Citroën, projet fort du plan Canal.

Comme nous le savons tous, le propriétaire du Palais de justice est le Fédéral. Depuis des années, les Bruxellois demandent au Fédéral de prendre ses responsabilités de propriétaire. Déjà en remettant le bâtiment en état comme en refaisant la façade pour 2027 comme promis. Ensuite, en élaborant un plan stratégique en concertation avec la Région qui soit respectueux tant de l’image de Bruxelles que des demandes du judiciaire.

Le Palais de Justice est l’exemple le plus marquant du désinvestissement du Fédéral dans Bruxelles depuis des années. En effet, entre les déclarations pour en faire un grand centre commercial, la négligence vis-à-vis des échafaudages devenus mobilier permanent, les propositions à l’emporte-pièce, à contre-sens des demandes du judiciaire, on n’en voit plus le bout. Derrière ce désinvestissement, c’est un double message qui passe : le délitement de la fonction régalienne de justice (une justice régionalisée n’a plus besoin d’un aussi grand palais) et le mépris de Bruxelles (cessons d’y investir).

Après cette discussion et lors d’une conférence de presse, les Ministres de la Justice Koen Geens et de l’Intérieur Jan Jambon ont présenté un masterplan sur l’avenir du bâtiment. Enfin !

Rentrée du PRB: « La revitalisation urbaine au coeur du débat »

La rentrée parlementaire du PRB a porté sur la revitalisation urbaine. Un sujet d’importance ? Oui !
Dès le départ, le Gouvernement a voulu marquer le développement territorial comme un des enjeux majeurs de cette législature, comme cela se traduit dans la Déclaration de Politique Régionale (DPR) et les dix grands pôles de développement urbain. Le pari : que la ville de demain ne ressemble pas à la ville d’hier. Il fallait actualiser, coordonner et amplifier les outils existants et épars, tels que les contrats de quartier et la politique de la ville. La politique de la ville est l’enjeu majeur de cette législature et ceci est un des outils essentiels pour la développer.
Nos trois demandes auxquelles le Ministre Président Rudi Vervoort a répondu sont les suivantes :
1) Faire un bilan des contrats de quartiers. La dernière date de 2007 ! Dix ans, c’est beaucoup pour une ville en constante mutation. Le Ministre-Président s’est engagé à le faire d’ici 2017. C’était essentiel pour nous.
2) Pour définir les périmètres de revitalisation urbaine, le Gouvernement n’a retenu que les 3 critères socio-économiques (revenu médian, densité de population et taux de chômage) qui reposent sur des statistiques objectivables. Pour le cdH, il faudra aller plus loin et adopter de nouveaux critères qui, combinés, reflètent plus précisément les besoins des Bruxellois. Ainsi, nous avons demandé que le critère d’équipement collectif soit repris (écoles, crèches, plaines de jeux, etc.) : il est essentiel à la respiration d’un quartier.
3) Attention à l’architecture générale ! Alors qu’on parle de l’illisibilité des institutions bruxelloises, ne faisons pas la même chose avec les outils de rénovation urbaine : PRDD, BBP, SAU, OIP urbanisme,… Pour redessiner la ville, il faut que la ligne du crayon soit claire. Rudi Vervoort s’est clairement engagé à ce que tous ces différents blocs s’intègrent dans une architecture lisible. A l’heure où le lego institutionnel bruxellois pose question, une meilleure visibilité est essentielle.