Les journées du Burundi: « (P)réparer l’avenir du Burundi »

Le 28 novembre dernier, avec mes collègues et la société civile burundaise présente en masse, nous avons lancé les journées du Burundi. Quel beau moment de démocratie né en juillet 2015, lors d’un précédant  JH, suite au cri du cœur lancé par le Collectif des femmes pour la Paix et la Démocratie au Burundi de Juliette Nijimbere, trois jours avant la réélection du Président Pierre Nkurunziza.

Pendant deux ans, suite à la situation préoccupante du pays, nous nous sommes réunies dans mon bureau avec des femmes engagées issues du monde associatif et politique, de manière régulière, pour construire ces deux journées. Cette rencontre était le fruit d’une demande de la société civile à laquelle nous avons répondu, d’une co-construction avec cette même société civile pendant deux ans, dans l’écoute, le respect et surtout l’amitié mutuels.

Il n’est pas fréquent que la société civile se fédère à ce point pour faire passer un message, ses espoirs, ses revendications et qu’il s’agit ici de la société civile burundaise, tant la diaspora burundaise établie en Belgique et à l’étranger, que la société civile organisée établie au Burundi même.

Après deux jours intenses d’échanges, de réflexions et de témoignages qui ont débuté au Parlement Francophone Bruxellois, en passant par le Sénat et qui se sont terminés au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, plusieurs recommandations ont été adoptées pour le développement d’un projet de société pacifié et inclusif au Burundi. Sous la présidence de Frère Emmanuel Ntakarutimana, ces journées ont été le fruit d’une collaboration inédite avec le Ministre-Président de la FWB Rudy Demotte, de la Présidente du Sénat Christine Defraigne, du Président du Parlement de la FWB Philippe Courard ainsi que des députées et sénatrices, membres du Collectif des femmes pour la paix et la démocratie.

On y est arrivées, malgré les pressions, malgré les obstacles et avec le courage de beaucoup qui ont bravé les représailles en venant témoigner. C’était impressionnant de voir ces Burundais venus des quatre coins du monde se réunir dans notre hémicycle pour assumer leur passé et construire un futur commun. C’était un vrai beau moment de démocratie participative auquel nous avons décidé de donner suite par des résolutions concrètes. Il y a de beaux moments en politique, celui-ci en faisait indubitablement partie.

JHC – la Fédération des Soins Palliatifs

Cachez cette mort que notre société ne veut plus voir. C’est à un vrai débat de société que la Fédération des Soins Palliatifs nous invite ce jeudi 6 décembre. Comment aborder « le grand passage » de façon humaine, personnalisée, inclusive des proches, dans notre monde aseptisé et surmédicalisé ? Cette question nous concerne tous, mais elle devient aiguë quand on parle de la mort des enfants. C’est sur cette question précise que portera notre Jeudi de l’Hémicycle et je serais très heureuse que vous veniez partager cette matinée qui donne du sens à notre vie. 

Où et quand : Jeudi 6 décembre de 9h30 à 12h30 au PFB, bâtiment central, 69 rue du Lombard.

Expo photo: « Soie » de Barbara Iweins

Des femmes nues au Parlement ! Couvrez ce sein, que je ne saurais voir 🙂

Le 22 novembre dernier, nous avons accueilli dans notre bel Espace Jardin la superbe exposition de Barbara Iweins. Fascinée par la fragilité et l’innocence des êtres humains, Barbara Iweins mène une quête perpétuelle à travers ses séries photographiques: celle de la beauté dans l’imperfection. Dans son dernier travail « Soie », Barbara Iweins tente d’appréhender à travers des clichés doux et subtils, le thème de la pudeur dans notre société actuelle.

Je vous propose de découvrir le superbe travail de Barbara, ça en vaut largement le détour ! www.barbaraiweins.com


JHC – La traite des mineurs en Belgique: un mal silencieux

Le 8 novembre dernier, ECPAT Belgique a organisé un Jeudi de l’Hémicycle au Parlement francophone bruxellois sur la traite des mineurs. C’était une matinée poignante ! La traite des mineurs est le crime organisé le plus lucratif après les drogues et les armes. Pourquoi si peu de victimes sont-elles détectées en Belgique? Pourquoi est-ce un mal silencieux ?

Les chiffres concernant les enfants victimes de traite ne correspondent pas à la réalité, moins de dix cas par an, selon les statistiques officielles. Mais les acteurs de terrain comme le Commissaire Franz Vandelook parlent de « milliers de jeunes femmes nigérianes » forcées de se prostituer dans les rues de Bruxelles. « Aucune de ces victimes ne se déclare mineure. Elles affirment venir d’autres pays anglophones en guerre, comme la Sierra Leone ». Il poursuit en racontant leur calvaire sur la route de l’exil jusqu’en Belgique. Rares sont celles qui n’ont pas subi des viols à répétitions et des violences s’apparentant à de la torture. Depuis peu, ces femmes se prévalent d’une procédure d’asile en France, qui parce que trop longue chez nous, les met à l’abri d’un renvoi.

Ces mineurs sont souvent considérés comme des délinquants et pas des victimes. Plusieurs cas ont été évoqués où des mineurs se sont vus renvoyés à leurs parents, pourtant leurs exploitants, au lieu d’être protégés. L’exploitation économique a aussi été mentionnée. Plus insoupçonnée que l’exploitation sexuelle, elle n’en demeure pas moins une véritable forme d’esclavage moderne. On retrouve des mineurs exploités dans des restaurants, boucheries, boulangeries ou encore des habitations privées (petites bonnes).

Les centres d’accueil ont souligné combien il est important de réinsérer ces mineurs dans un projet de vie, ainsi que d’assurer leur sécurité physique, avec des mesures parfois très pratiques comme l’interdiction totale de smartphone pour ne pas être en contact avec leur famille, souvent à l’origine de l’exploitation. « Du fait de leur passé d’exploitation, il est vraiment difficile de faire comprendre à ces mineurs, qu’ils seront mieux protégés s’ils se déclarent comme victimes », explique Ariane Couvreur, chargée de projet chez ECPAT Belgique.

La matinée s’est clôturée par une histoire d’une violence inouïe, celle de Maïté Lønne. Elle a eu le courage, l’intelligence, la force et l’espoir de venir en témoigner devant un hémicycle comble.

Je vous propose d’écouter son témoignage avec rage, respect et émotion.

JHC: Restitutions des biens culturels africains: question morale ou juridique?

Le 16 octobre dernier, le Parlement Francophone Bruxellois co-organisait avec l’asbl Bamko-Cran et l’Etat de la Diaspora Africaine un Jeudi de l’Hémicycle consacré à la restitution des biens culturels africains mal acquis notamment au travers de pillages et d’exactions avérés. Voilà un sujet difficile qui nous renvoie à un non-dit de notre histoire et qu’il était important d’aborder sans tabou lors d’un JHC.

La matinée a été ouverte par Mireille Tsheusi-Robert, Présidente de l’asbl Bamko-CRAN, qui a rappelé combien ces objets témoignent de la violence coloniale. Elle a en particulier abordé la question des restes humains – momies, crânes, fœtus – encore détenus par l’Africa Museum, le Musée Royal des Sciences naturelles et l’Université libre de Bruxelles.                                                                                   Michel Bouffioux, journaliste à l’origine de ces révélations dans Paris Match, a rappelé qu’à l’heure actuelle, ces crânes sont utilisés notamment à l’ULB dans un cours sur la variabilité des êtres humains.

Pour la première fois dans un Parlement, le Directeur de l’Africa Museum a présenté des « excuses explicites » et a reconnu un « regard raciste et colonial « quant à la gestion passée du Musée et des trésors qu’il contient. C’est à partir de cette reconnaissance qu’on peut construire un projet de restitution basé sur le respect et la dignité mutuelle.

Quelques semaines plus tard, l’Africa Museum ré-ouvrait ses portes en confirmant ce nouveau discours qui tranche et qui veut se démarquer du passé.

Aurait-on pu imaginer de tels discours ne fut-ce qu’il y a cinq ans ? Non, certainement pas. L’action des diasporas, des chercheurs, des militants a transformé le discours et l’esprit. La porte est ouverte, il faut maintenant s’y engouffrer et la maintenir ouverte en y faisant souffler un nouvel esprit.

Il s’agissait du troisième Jeudi de l’Hémicycle consacré à la mémoire coloniale. Le travail du Parlement Francophone Bruxellois avec l’Association des Métis de Belgique avait permis d’aboutir à des excuses officielles et des résolutions concrètes aux différents niveaux de pouvoir. Maintenant, tout parti confondu, nous travaillons conjointement à une résolution à tous les niveaux de pouvoir pour qu’à l’instar de la France, nous puissions avancer de manière concrète sur cet héritage douloureux de notre histoire coloniale.

JHC – La traite des mineurs en Belgique

Le prochain JHC aura lieu le 8 novembre. Nous y aborderons le thème difficile de la traite des mineurs. Quelle est la réalité de ce mal silencieux? Cette nouvelle rencontre-débat s’annonce très forte, alternant exposés, débat et témoignages. Je vous y attends !

Expo photo: « Soie » de Barbara Iwens

Des femmes nues au Parlement? Sérieux?! Ce jeudi 22 novembre aura lieu vernissage de la magnifique exposition de Barbara Iweins : « Soie ». Cela aurait pu s’appeler « Force et Fragilité ». Tous les deux se mêlent dans un dialogue intense. C’est très beau, émouvant et interpellant ! Venez, venez, venez!

Où et quand : Jeudi 22 novembre de 18h à 20h au PFB, 77 rue du Lombard.

Les journées du Burundi

C’est l’histoire d’un formidable combat de la société civile et d’un investissement sans relâche pendant deux ans de six députées autour de la question de la démocratie au Burundi.

Il y a deux ans, le 8 juillet 2015, le PFB organisait, un Jeudi de l’Hémicycle sur la situation au Burundi, avec le Collectif des femmes pour la paix et la démocratie au Burundi, trois jours avant la réélection de Pierre Nkurunziza. L’hémicycle était rempli, et il était clair à travers tous les témoignages combien la démocratie est fragile. Il s’agissait de comprendre les accords d’Arusha, d’entendre la société civile qui se fédère, de percevoir le désarroi de ceux qui voient leur démocratie bafouée au quotidien.

Depuis ce Jeudi de l’Hémicycle, avec les députées qui sont à l’initiative de ce projet (Simone Susskind, Nadia El Yousfi, Fatoumata Sidibé, Evelyne Huytebroeck, Isabelle Durant), nous n’avons cessé de nous  voir autour de Juliette Nijimbere, l’incroyable combattante qui porte ce projet depuis 3 ans. Chaque vendredi, Juliette nous envoie son « cri du cœur des parents épris de paix et de sécurité au Burundi ». Chaque semaine, nous assistons à la démocratie qui se fissure.

Les Journées du Burundi des 28 et 29 novembre sont un évènement. Grâce au financement de Rudy Demotte, nous avons pu faire venir des personnes du Burundi, de leur pays d’exil, des représentants des Nations Unies, des représentants forts et courageux qui osent venir s’exprimer. A ne pas manquer !

Où et quand : les 28 et 29 novembre. Le 28 à partir de 14h30 au PFB, bâtiment central, 69 rue du Lombard. Inscription via le lien :https://journeesduburundi-sessionouverture.eventbrite.com ; le 29 novembre à 15h au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 72 Rue Royale. Inscription via le lien : https://journeesduburundi-sessioncloture.eventbrite.com

JHC: Restitution des biens culturels africains question morale ou juridique?

Oui, la ville nouvelle se dessine !

J’ai interpellé avec constance depuis 3 mois le Ministre-Président sur les grands projets en aménagement du territoire qui sont le fer de lance de ce gouvernement. Oui, c’est un fait indéniable, le Bruxelles que nous connaissons aujourd’hui ne sera pas le Bruxelles que nos enfants, et petits enfants connaitront dans quelques années. L’axe principal structurant l’action de la politique régionale est l’aménagement du territoire. Prenons le Plan Canal qui à terme permettra de « basculer » la ville du Sud vers le Nord, et de transformer cette cicatrice actuelle de la ville en un axe vivant. D’autres changements majeurs voient le jour comme la création d’une Cité Universitaire aux Casernes et d’une Cité des Médias à Reyers. Ou encore le pôle Delta qui se transforme autour du nouvel hôpital CHIREC mais qui surtout amènera une nouvelle entrée de la ville avec la disparition du viaduc d’Hermann-Debroux, mais aussi  la création d’une nouvelle ville sur l’ancien site de l’OTAN. Ces changements illustrent la volonté du gouvernement de transformer la ville. En aménageant le territoire,  on crée de nouvelles cohésions et liens spatiaux, de nouvelles dynamiques de ville. En 2030, on se promènera dans un Bruxelles qui ne sera pas celui que nous connaissons aujourd’hui.