JHC: Restitutions des biens culturels africains: question morale ou juridique?

Le 16 octobre dernier, le Parlement Francophone Bruxellois co-organisait avec l’asbl Bamko-Cran et l’Etat de la Diaspora Africaine un Jeudi de l’Hémicycle consacré à la restitution des biens culturels africains mal acquis notamment au travers de pillages et d’exactions avérés. Voilà un sujet difficile qui nous renvoie à un non-dit de notre histoire et qu’il était important d’aborder sans tabou lors d’un JHC.

La matinée a été ouverte par Mireille Tsheusi-Robert, Présidente de l’asbl Bamko-CRAN, qui a rappelé combien ces objets témoignent de la violence coloniale. Elle a en particulier abordé la question des restes humains – momies, crânes, fœtus – encore détenus par l’Africa Museum, le Musée Royal des Sciences naturelles et l’Université libre de Bruxelles.                                                                                   Michel Bouffioux, journaliste à l’origine de ces révélations dans Paris Match, a rappelé qu’à l’heure actuelle, ces crânes sont utilisés notamment à l’ULB dans un cours sur la variabilité des êtres humains.

Pour la première fois dans un Parlement, le Directeur de l’Africa Museum a présenté des « excuses explicites » et a reconnu un « regard raciste et colonial « quant à la gestion passée du Musée et des trésors qu’il contient. C’est à partir de cette reconnaissance qu’on peut construire un projet de restitution basé sur le respect et la dignité mutuelle.

Quelques semaines plus tard, l’Africa Museum ré-ouvrait ses portes en confirmant ce nouveau discours qui tranche et qui veut se démarquer du passé.

Aurait-on pu imaginer de tels discours ne fut-ce qu’il y a cinq ans ? Non, certainement pas. L’action des diasporas, des chercheurs, des militants a transformé le discours et l’esprit. La porte est ouverte, il faut maintenant s’y engouffrer et la maintenir ouverte en y faisant souffler un nouvel esprit.

Il s’agissait du troisième Jeudi de l’Hémicycle consacré à la mémoire coloniale. Le travail du Parlement Francophone Bruxellois avec l’Association des Métis de Belgique avait permis d’aboutir à des excuses officielles et des résolutions concrètes aux différents niveaux de pouvoir. Maintenant, tout parti confondu, nous travaillons conjointement à une résolution à tous les niveaux de pouvoir pour qu’à l’instar de la France, nous puissions avancer de manière concrète sur cet héritage douloureux de notre histoire coloniale.

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