Quand un Jeudi de l’Hémicycle aboutit à une résolution visant à favoriser les relations entre les détenus parents et leurs enfants en prison

Alors même que les agents pénitenciers étaient en grève, nous consacrions le dernier Jeudi de l’Hémicycle de l’année à l’impact de l’incarcération d’un parent détenu sur le lien familial fortement fragilisé. Lorsqu’une personne vit des démêlés avec la justice, son univers et celui de ses proches connaissent toutes sortes de bouleversements dans plusieurs sphères de leur vie. Il est difficile de circonscrire l’ensemble des réactions psychologiques que peut provoquer l’incarcération d’un parent chez l’enfant. Toutefois, il s’agit d’un événement qui implique parfois de grands bouleversements dans la vie de l’enfant et qui peut avoir plusieurs impacts sur les plans psychologique et affectif, lui faisant vivre toute une gamme d’émotions. Parmi ces impacts possibles, on retrouve, notamment, la crainte, l’anxiété, des symptômes de dépression, le sentiment d’abandon, et la crainte d’être oublié par le parent incarcéré ou d’être abandonné. Comment limiter les dégâts de l’incarcération d’un parent? Quel est l’impact pour ces familles, pour les enfants? Voici quelques questions auxquelles nous avons tenté de trouver des réponses pendant cette matinée qui fut très forte.

 

Tous les intervenants sont formels : c’est dans l’intérêt de la société entière de maintenir un lien fort entre le détenu et son enfant : le contraire mène à la récidive (quand le lien familial est distendu, la réinsertion trébuche et la récidive est à la porte) et au cercle vicieux de voir à leur tour les enfants tomber dans la délinquance.

 

Devant un hémicycle comble, Un papa  nous a fait part via vidéo de sa détresse: « ça fait deux mois que des enfants n’ont pas vu leur parent détenu ». Voici donc une des conséquences directe du service garanti en prison.

 

Madeleine Guyot, de l’équipe du Délégué Général aux Droits de l’Enfant, rappelle: « Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d’une nation qu’en visitant ses prisons ». Cette citation d’Albert Camus trouve tout son sens aujourd’hui et nous devons tout mettre en œuvre pour offrir un meilleur encadrement en prison car c’est l’ensemble de la société civile qui en fait les frais.

 

Du côté politique, c’est une belle démarche commune. En novembre 2017, je visitais avec bon nombre de mes collègues les prisons de Forest et Saint-Gilles. Hier, nous tenions un Jeudi de l’Hémicycle. Aujourd’hui, nous  construisons ensemble une résolution qui englobe toute une série de recommandations très concrètes aux différents niveaux de pouvoir, pour enfin avoir une adoption à l’unanimité dépassant les clivages majorité-opposition, alors même que le débat sur l’univers carcéral est houleux et que les grèves qui ont perduré des semaines.

 

Bravo à Stefania Perrini, toute l’équipe de Relais Enfants-Parents pour l’incroyable travail qu’ils font avec trois fois rien. « Quand je suis arrivée ici il y a deux ans, la moitié de mon équipe était en burn-out », disait Stefania. On le comprend tant la charge émotionnelle en plus de physique est lourde (le temps en prison est long même si les temps de visite sont courts). Leur travail met de l’humanité dans un univers par définition fermé et dur. Merci.

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